Quand Instagram dicte l’amour à Paris : les demandes en mariage des couples venus d’ailleurs

Des quais de seine au Trocadéro, de nom­breuses demandes en mariage se mettent désormais en scène à paris. Les touristes s’inspirent des réseaux sociaux, qui jouent désormais un rôle central dans cette manière de célébrer l’amour.

« Je n’oublierai jamais ce moment. Se fiancer ici à Paris, c’était le plus beau jour de ma vie ! » confie Ivanna. Quelques mois plus tôt, son compagnon Igor l’avait emmenée depuis Moscou pour une demande minu­tieu­se­ment orches­trée devant la tour Eiffel, avec tapis rouge, fleurs en forme de cœur et bougies. Derrière ces instants intimes, certaines agences spé­cia­li­sées pla­ni­fient chaque détail. « Nous orga­ni­sons entre 30 et 40 demandes par mois, soit plusieurs centaines par an », explique Pauline, fon­da­trice de l’agence Les Entremetteuses.

Les réseaux sociaux, scé­na­ristes de l’amour

Aujourd’hui, difficile de dissocier ces demandes des réseaux sociaux. « La plupart des demandes sont influen­cées par ce que les clients ont vu sur Instagram, TikTok ou Pinterest », poursuit Pauline. Les pla­te­formes deviennent à la fois source d’inspiration et norme implicite. Les couples arrivent souvent avec des idées précises : arches de fleurs, bougies, tapis rouge… Une esthé­tique presque stan­dar­di­sée. Pauline, des Entremetteuses assure que la majorité des clients sont inter­na­tio­naux, notamment venus des États-​Unis du Moyen-​Orient ou d’Asie. Pour la socio­logue du mariage Florence Maillochon sur France 3, cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large : « Le mariage est devenu un épi­phé­no­mène de la mise en scène per­ma­nente de nos vies quo­ti­diennes. » Les réseaux sociaux rans­forment un moment intime en per­for­mance publique : « Ne pas se conformer à ces mises en scène peut être perçu comme un manque d’amour ou de romantisme. »

Le choix de l’authenticité

Pour autant, certaines demandes restent plus simples. Julia, Américaine, a été surprise par son compagnon lors d’une escale à Paris : « Je savais que ça allait arriver un jour, mais pas aussi tôt. » La demande a eu lieu au Trocadéro, au lever du soleil, lors d’un shooting photo organisé à l’avance. « Les arches de fleurs et les panneaux “Marry me”, je déteste ça. Je l’avais prévenu ! » confie-​t-​elle en riant. Elle reconnaît néanmoins l’influence des réseaux sociaux : « Mon fiancé s’en inspire clai­re­ment, donc oui, ça a joué un rôle important. » Salem, venue du Kazakhstan, a quant à elle reçu sa demande au cours d’une balade impro­vi­sée : « Il n’y avait presque aucune pré­pa­ra­tion. On se promenait, et il cherchait juste un bon endroit. » Filmée par son compagnon réa­li­sa­teur, la scène a dépassé 4 millions de vues sur TikTok : « Avec autant de vues, j’imagine que beaucoup de gens appré­cient aussi quand c’est naturel et authentique. »

Le mari de Julia n’a pas fait appel à une agence pour sa demande. ©DR

Des pro­fes­sion­nels venus du monde entier

Paris attire aussi les pro­fes­sion­nels. Julia, pho­to­graphe néer­lan­daise, se déplace souvent pour immor­ta­li­ser ces moments. « J’adore pho­to­gra­phier hors des Pays-​Bas, découvrir de nouveaux envi­ron­ne­ments, l’architecture, l’ambiance… Aller à Paris pour tra­vailler est un vrai bonheur ! » La majorité de ses clients pour des demandes à Paris viennent de TikTok : « Les gens ont une idée très roman­tique de Paris. Proposer ici est un symbole fort. » Ces demandes montrent que Paris continue de faire rêver les amoureux… et qu’Instagram y a sa place.

À Paris, l’accueil des réfugiés passe aussi par la culture

Dans un contexte marqué par la guerre et les...

La diaspora colom­bienne vote à Paris pour trans­for­mer son pays

À des milliers de kilomètres de Bogota, des Colombiens...

Paula Martinez Takegami : le corps comme lieu de lutte et de résilience

À Paris, loin de la Colombie, elle soigne et...

Contrepoint n°46

La diaspora colom­bienne vote à Paris pour trans­for­mer son pays

À des milliers de kilomètres de Bogota, des Colombiens à Paris feront entendre leur voix lors de l’élection présidentielle le 31 mai prochain. le...

Paula Martinez Takegami : le corps comme lieu de lutte et de résilience

À Paris, loin de la Colombie, elle soigne et réveille les consciences. Présidente de Ciudadanías por la Paz, Paula Martinez incarne une diaspora qui...

« Il accumule, il dépossède, il extorque » : en Seine-​Saint-​Denis, des exilés témoignent

À l’occasion de la Semaine anticoloniale et antiraciste, des militants et chercheurs venus d’Afrique et de sa diaspora se sont retrouvés en Seine-Saint-Denis pour...