Les avocats d’équateur, les pommes de France et les clémentines d’Espagne… Mais qu’en est-il de cette plante posée sur l’étagère ? D’où vient-elle ? Où a‑t-elle été cultivée avant d’arriver ici ? En interrogeant les fleuristes lillois et les fournisseurs, une piste revient régulièrement, celle des Pays-Bas. Retracer le parcours exact des ces plantes reste pourtant bien plus compliqué que prévu.
Le Pilea peperomioides, un long nom pour une petite plante en pot posée sur l’étagère de ce fleuriste lillois. 8 € ici, 6,50 € dans une autre boutique. Des informations sur son entretien et son prix, mais bizarrement aucune sur son lieu d’origine. Alors les questions commencent. « Je n’en ai aucune idée, peut-être de France ou peut-être de Hollande. À vrai dire, je ne me suis jamais vraiment posée la question », avoue une jeune fleuriste chez Oh ! Les Fleurs. « Hmm, Allemagne ou Bruxelles », répond une autre. « Sûrement des Pays-Bas », avance une troisième.
Décidément, retrouver le lieu de culture de cette petite plante s’avère étonnamment plus compliqué que la prononciation de son nom. Un constat qu’Emma, jeune diplômée d’un CAP fleuriste, explique : « Aujourd’hui, nous-mêmes, étudiants fleuristes, ne savons pas quelles sont principalement les origines des plantes en pot. C’est à nous, apprentis, de nous y intéresser pour essayer de mener une enquête là-dessus. »
Les Pays-Bas, grands producteurs de plantes ?
En quelques heures, les Pays-Bas reviennent dans chaque discussion. Une drôle de coïncidence que les chiffres de FranceAgriMer permettent de remettre en perspective : en 2025, les Pays-Bas représentaient 57 % de la valeur des importations françaises de végétaux d’ornement. Emma précise néanmoins que « Parfois, sur les pots, il y a une étiquette qui donne l’origine de la plante. Mais comme elles repassent par les Pays-Bas, lieu où elles sont fichées pour la première fois, c’est très difficile de savoir où elles étaient avant ». Cette étiquette, c’est le passeport phytosanitaire de la plante. Selon la législation européenne, il permet d’assurer la traçabilité des végétaux et de limiter la propagation de parasites et de maladies. Mais la traçabilité reste complexe.
« Aujourd’hui, des labels se développent pour faciliter l’identification des exploitations et des producteurs. On sait qu’en général, les plantes exotiques viennent du Kenya, de l’Équateur, de la Colombie et d’Afrique du Sud », affirme Cecilia. Bien que ces pays ne constituent pas forcément le lieu d’origine de notre Pilea Peperomioides, ils témoignent surtout de l’étendue du marché horticole international. Aujourd’hui certains fleuristes et grossistes misent alors sur la transparence, en privilégiant des plantes françaises ou en communiquant davantage sur leur provenance. Une manière de faire de la traçabilité une force.
