Alors que les projecteurs s’éteignent sur Milan-Cortina 2026, une autre compétition continue pour de nombreux athlètes : celle des examens universitaires. Entre séances d’entraînement intensives et amphis, les sportifs de haut niveau doivent composer avec un emploi du temps millimétré pour assurer leur après-carrière.
Le monde du sport a récemment été amusé par l’histoire de la jeune patineuse canadienne Madeline Schizas. En pleine compétition olympique, elle a dû envoyer un courriel à son professeur de sociologie pour justifier son retard dans la remise d’un devoir, expliquant simplement qu’elle était « retenue aux Jeux olympiques ». Si l’anecdote prête à sourire, elle souligne une réalité complexe : pour beaucoup de jeunes participants, les Jeux ne sont pas une pause dans leurs études, mais un défi logistique supplémentaire.
Une flexibilité indispensable
Pour éviter que ces talents ne doivent choisir entre leur médaille et leur diplôme, des structures d’accompagnement se sont développées. En France, plusieurs universités proposent des aménagements de cursus. C’est le cas à l’Université de Grenoble, où étudient les frères Martin et Mathieu Belloir, deux figures montantes du patinage de vitesse français. Martin, 23 ans, nous explique comment ce système lui permet de garder le cap :
« On est tous les deux en STAPS à l’université de Grenoble, qui met en place un dispositif d’aménagement personnalisé pour les étudiants sportifs de haut niveau, en sport d’hiver majoritairement. Cela nous permet d’avoir un tuteur et d’avoir des cours non pas particuliers mais aménagés. On peut écrire aux profs et leur demander des régulations. On a tous les cours sur Internet, et après on a une période de présentiel obligatoire, souvent à la fin de saison, entre mai et juin, pour réaliser les examens qu’on ne peut pas passer à distance.»
Le sport comme priorité absolue
Si l’aménagement logistique est une chose, le changement de mentalité en est une autre. Longtemps, les athlètes ont dû caler leurs entraînements dans les interstices laissés par leurs études. Une époque révolue pour Mathieu Belloir, qui a brillé lors de ces Jeux de Milan-Cortina en décrochant une impressionnante 7ème place mondiale en mass-start lors de ses premiers pas olympiques. Pour le Malouin, cette inversion des priorités a été le moteur de sa progression :
« On avance à notre rythme dans les études, parce que c’est vrai que c’est un calendrier chargé de compétitions, d’entraînements. Avant, c’était compliqué d’allier les deux. Maintenant, on peut mettre le sport en premier et adapter les études en fonction de nos entraînements, alors qu’avant on devait adapter nos entraînements en fonction des études. Donc ça a été vraiment un gros step-up, un gros pas en avant si je peux dire. »

Préparer l’avenir sans sacrifier le présent
Cette approche du « sport d’abord » semble porter ses fruits. En plaçant l’athlète dans des conditions de préparation optimale sans la pression d’un échec universitaire, les fédérations et les universités créent un environnement propice à la performance. Pour les frères Belloir, comme pour la génération Madeline Schizas, l’objectif est clair : être aussi affûté sur la glace que devant une copie d’examen.