Les cloches de la rentrée sonnent la fin de la saison des festivals de plein air. Pourtant, dans la métropole lilloise, la fête n’est pas tout à fait finie. Les 12 et 13 septembre, le Jardin électronique a réuni une quarantaine d’artistes au Parc Urbain de Lomme pour sa 12e édition.
Les rythmes répétitifs et envoûtants de la musique techno ont fait se rassembler des profils éclectiques de festivaliers. Certains étaient en attente d’une parenthèse presque à domicile, d’autres en quête d’un état de transe. L’une des raisons de leur présence était sur de nombreuses lèvres : le partage collectif de la fête. Un « effet de foule » non oppressant, grâce aux 300 000 m² du site, entouré du lac et de la verdure.
« Réviser la programmation » ou venir en touriste ?
Ilias, un jeune Lillois venu « pour s’ambiancer », n’a pas de programme fixe : « Je viens juste pour découvrir et ensuite je pars ! » Pareil pour Antoine, qui ne reste que le samedi. Avec ses amis, il voulait surtout voir Vieze Asbak, et conclut : « J’aime bien ce festival, pas trop grand, pas trop petit », en comparaison aux festivals qu’il a l’habitude de faire en Belgique. À quelques mètres, deux festivalières présentes pour la première fois ont, elles aussi, prévu de repartir le soir même.
Ne pas connaître la programmation peut aussi être un choix. Laura rit en expliquant qu’elle n’a pas « révisé la programmation ». Venue parce que le festival est proche de chez elle, elle veut se laisser porter par les artistes du samedi. Cette proximité permet de venir sans nécessairement consacrer tout son week-end au festival. Ici, pas de camping : on peut arriver pour quelques heures, rentrer chez soi et éventuellement revenir le lendemain. « C’est très pratique d’avoir un festival très proche du centre où on peut venir en transports en commun », ajoute Laura.

Sans tente et sans sac à dos, un festival de jour
Le Jardin électronique arrive ainsi à un moment particulier du calendrier. Alors que les festivals estivaux touchent à leur fin et que la rentrée rythme déjà les emplois du temps, le rendez-vous lillois concentre ses festivités sur l’après-midi et la soirée : de 14 heures à minuit le samedi, puis de 13 heures à 23 heures le dimanche.
Derrière cette apparence de fête d’après-midi, le festival n’a rien d’amateur. La DJ Bianka mixe depuis ses 17 ans et avait déjà joué au Jardin électronique en 2024. « Il y a beaucoup plus de monde, c’est devenu vraiment connu », constate-t-elle. Les installations techniques ont également évolué selon elle : « Les soundsystems sont beaucoup plus qualitatifs. » Une chose n’a semblerait-il pas changé : le public du festival, qu’elle décrit simplement comme « trop cool », « chill ». Puis elle résume : « Les gens du Nord, quoi. »
A vrai dire, cette ambiance du Jardin repose aussi sur les 280 bénévoles mobilisés. Blanche, responsable des bénévoles en service civique, dit être « aux petits soins avec eux » : « Ils sont comme ma famille. » Et Manon, bénévole pour la première fois au Jardin électronique, partage son enthousiasme : « L’expérience est géniale, l’ambiance super chill ! »
Ce prolongement de l’été a battu son plein lors de cette édition record, avec plus de 17 000 festivaliers. Ils n’auront malheureusement pas pu voir l’une des têtes d’affiche, Vladimir Cauchemar, absent pour raisons personnelles.