Vendredi 18 septembre, le CGR de Bruay-la-Buissière a fait salle comble pour la conférence « Face au crime », consacrée à l’évolution de la police scientifique. À l’occasion de la première étape de la tournée, de grands noms du domaine sont revenus sur plusieurs affaires emblématiques de la région, encore à fleur de mémoire.
Comment la science a‑t-elle changé les enquêtes criminelles ?
C’est la question au cœur de « Face au crime », conférence menée par le journaliste Jacques Pradel et le général François Daoust, ancien directeur de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. C’est à Bruay, anciennement dite en Artois, que ces spécialistes ont décidé de faire escale, non par hasard.
Le passage obligé
Impossible, à Bruay, de ne pas évoquer l’affaire qui porte le nom de la ville. En 1972, le meurtre de Brigitte Dewère, 15 ans et demi, émeut toute la région. Son corps est retrouvé dans le terrain vague de la ville.
Ce fait divers devient rapidement une affaire nationale lorsque Pierre Leroy, notaire des Houillères, est mis en examen par Henri Pascal, juge d’instruction de Béthune.
La justice se retrouve sous les projecteurs, tandis que le juge Pascal assume une communication inhabituelle avec les médias. Une nouvelle proximité entre justice et presse se dessine, à une époque où la télévision prend une place croissante dans le traitement des faits divers. L’affaire reste pourtant non élucidée.
Cette conférence a permis de revenir sur cette époque où les enquêteurs ne disposaient pas encore des outils scientifiques actuels. C’est seulement en 1984 que le généticien Alec Jeffreys découvre le principe de l’empreinte ADN, incontournable de nos jours.
Le suivi à la trace
Aujourd’hui, l’ADN permet de réexaminer des scellés, mais encore faut-il que les traces aient été correctement prélevées et conservées. La science ne peut nécessairement rattraper le temps.
C’est là tout le paradoxe : plus la science progresse, plus elle permet de faire parler les traces, mais plus elle se heurte aux manquements du passé.
L’affaire des frères Jourdain, condamnés pour le meurtre de quatre jeunes femmes en 1997 dans le Pas-de-Calais, a également été commentée. Le journaliste Éric Dussart, de La Voix du Nord, l’a couverte et a accepté de revenir sur son expérience du terrain.
Son témoignage rappelle une autre réalité du travail journalistique : derrière les dossiers se trouvent des familles, des enquêteurs et des territoires durablement marqués par les affaires traversées.
Cinq séances sont à venir au sein des cinémas CGR de France.
Prix à partir de 42,90 euros la place.