Lille gratuite ? Pas pour tout le monde

Un musée gratuit, une piscine à tarif réduit, une aide pour pratiquer un sport… Lille multiplie les dis­po­si­tifs pour rendre les loisirs acces­sibles. Mais pour les étudiants et les jeunes aux budgets serrés, sortir reste parfois une dépense difficile à assumer.

En fin de semaine, Lille s’anime. Les terrasses se rem­plissent, les cinémas affichent leurs séances, les bars com­mencent de se remplir. Pour certains, une soirée entre amis est une habitude. Pour d’autres, c’est une question de budget. Entre le prix d’un verre, celui d’un repas, des trans­ports et d’une éven­tuelle activité, l’ad­di­tion peut rapi­de­ment grimper.

Pourtant, la ville de Lille cherche à faciliter l’accès aux loisirs. Certains musées sont gratuits pour les jeunes Lillois, des équi­pe­ments muni­ci­paux proposent des tarifs réduits et dif­fé­rents dis­po­si­tifs per­mettent de pratiquer une activité sportive à moindre coût. Sur le papier, les pos­si­bi­li­tés sont nom­breuses. Mais une activité gratuite suffit-​elle à rendre une sortie accessible ?

Pour un étudiant, le calcul commence parfois bien avant de sortir de chez lui. Combien coûte le trajet ? Peut-​on se permettre de manger dehors ? Faut-​il choisir entre une soirée avec ses amis et une dépense prévue la semaine suivante ? Ces arbi­trages font partie du quotidien de nombreux jeunes qui disposent d’un budget limité.

« Je peux faire certaines activités gra­tui­te­ment, mais dès que je veux faire une vraie sortie avec des potes, ça monte trop vite », témoigne Axel, étudiant lillois en école de commerce. Le problème n’est donc pas forcément le prix d’une activité en par­ti­cu­lier, mais l’ac­cu­mu­la­tion de petites dépenses.

Le sacrifice de la vie sociale ?

Le budget loisirs est donc souvent le premier que l’on réduit. Cinéma remplacé par une soirée chez soi, res­tau­rant remplacé par un repas du CROUS, verre refusé parce que « ce sera pour une prochaine fois ». Des choix parfois anodins, mais qui peuvent pro­gres­si­ve­ment limiter la vie sociale : « J’ai déjà refusé plusieurs fois des invi­ta­tions à sortir le soir parce que j’étais dans le rouge » confirme Aurore, 23 ans, étudiante en médecine.

Face à cela, les dis­po­si­tifs muni­ci­paux peuvent être une réponse, mais ils ne sont pas connus ou utilisés par tous. Reste également la question de leur portée. Toucher les jeunes les plus modestes suppose qu’ils connaissent ces aides, qu’ils puissent y accéder et qu’elles cor­res­pondent réel­le­ment à leurs besoins.

L’enjeu dépasse fina­le­ment le simple prix d’une place de cinéma ou d’une entrée de musée. Pouvoir sortir, pratiquer un sport, aller voir une expo­si­tion ou sim­ple­ment passer une soirée avec ses amis fait aussi partie de la vie étudiante. Alors que Lille veut rendre ses loisirs plus acces­sibles, une question existe toujours : qu’est-​ce qu’une ville acces­sible pour ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent ?

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