Malgré des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 réussis, la place du sport dans la société française est infime. Si infime que le syndicat des professeurs d’éducation physique et sportive SNEP-FSU est sorti dans la rue manifester mardi 29 septembre.
1 245 postes de professeurs d’EPS supprimés en 10 ans, 20 000 élèves sans cours à la rentrée 2026, 80% des gymnases vétustes et un salaire qui ne suit pas l’inflation. Les manques constatés sont nombreux, trop nombreux pour rester silencieux. Des membres du syndicat étaient présents à Lille ce mardi 29 septembre lors de la manifestation de la fonction publique afin de demander des meilleures conditions de vie.
Hausse des salaires, 4h d’EPS et moyens supplémentaires requis
Les salaires étaient principalement dans le viseur. Après l’annonce du gel du point d’indice par le gouvernement, la colère est montée chez les manifestants. Ce point d’indice sert en effet de base pour calculer leur salaire, plus il est bas, moins le salaire sera élevé. Or un gel du point d’indice signifie une stagnation de la rémunération salariale, qui ne suit pas le rythme de l’inflation. C’est l’une des préoccupations principales d’Émilie, professeure d’EPS à Valenciennes : « Avoir tout ce qui nous fait défaut depuis de nombreuses années : c’est-à-dire des salaires qui diminuent, une inflation qui augmente et un pouvoir d’achat qui baisse ».
Le manque de moyens dans les écoles est un autre aspect qui inquiète les professeurs, dont Emilie, qui dit « souffrir au quotidien ». Manque de moyens humains, avec des professeurs non remplacés, et un manque de moyens financiers, avec des projets pédagogiques impossibles à tenir car impossible à assumer économiquement.
Le retour des 4h de sports par semaine est également une revendication importante. La forme physique des élèves étant préoccupante, il leur semble vital d’imposer de nouveau ce quota, quelques années après le passage à 2h. Mais cette mesure seule ne va pas tout révolutionner puisqu’ils demandent également des moyens supplémentaires, entre hausse du budget alloué au sport, construction d’infrastructures modernes (la construction de 1 000 piscines sur 5 ans notamment) et recrutement de 1 000 professeurs. Dans une société marquée de plus en plus par l’obésité, la sédentarité et la détérioration de la santé mentale, le SNEP-FSU pose ici les bases d’un pays en voie de guérison. Au gouvernement de jouer.