Après des mois de rénovation, le LaM de Villeneuve-d’Ascq rouvre pleinement ses portes avec une exposition événement co-organisée avec le Centre Pompidou. Jusqu’au 14 juin 2026, « Kandinsky face aux images » lève le voile sur les secrets de fabrication du maître de l’abstraction. Entre chefs‑d’œuvre iconiques et archives inédites, le musée nous invite à redécouvrir l’artiste sous un angle scientifique et spirituel, le tout dans un cadre printanier idéal.
Une renaissance architecturale pour un maître du XXe siècle
Le LaM que nous retrouvons en ce début d’année 2026 a bénéficié d’une cure de jouvence indispensable. Si l’architecture emblématique de Roland Simounet conserve sa silhouette de briques rouges, véritable signature du paysage métropolitain, les entrailles du bâtiment ont été modernisées. Cette rénovation, axée sur la régulation thermique et hygrométrique, permet désormais au musée d’accueillir des pièces d’une fragilité extrême dans des conditions de conservation optimales. C’est dans cet écrin de haute technicité que se déploie la rétrospective Kandinsky, accessible en quelques minutes via la ligne 1 du métro (arrêt Pont de Bois) puis la Liane 4.
L’exposition ne se contente pas d’aligner les toiles ; elle propose une immersion totale. Dès l’entrée, le ton est donné : il s’agit de comprendre comment Vassily Kandinsky, figure de proue de l’avant-garde, a construit son langage visuel. Le parcours s’appuie sur un corpus généreux réunissant des archives précieuses issues du fonds donné par Nina Kandinsky au Centre Pompidou, complété par des prêts d’institutions européennes majeures. Cette réouverture totale du musée n’est pas qu’un simple retour à la normale, c’est une proposition de dialogue renouvelé entre l’histoire de l’art et les exigences du public contemporain.
De l’image à la toile : les cinq piliers de la création
Le cœur de l’exposition s’articule autour de cinq chapitres thématiques qui agissent comme de véritables clés de lecture : « Souvenirs », « Matérialisations », « Reproduction », « Légitimation » et « Inspiration ». Ce découpage refuse le piège de la chronologie linéaire pour explorer la boulimie visuelle de l’artiste. Le visiteur circule entre les croquis, les cartes postales et les photographies d’archives qui ont jalonné la vie du peintre. On y découvre un Kandinsky collectionneur, puisant aussi bien dans l’imagerie populaire russe que dans les illustrations scientifiques ou la presse de l’époque.
L’un des points d’orgue est la présentation d’ouvrages fondateurs comme l’Almanach du Cavalier bleu. Ce manifeste révèle comment Kandinsky transformait chaque stimulus visuel en une unité de sa propre grammaire. On y contemple de près des toiles iconiques telles que Jaune-Rouge-Bleu, Improvisation 3 ou encore le ténébreux Avec l’arc noir. La confrontation directe entre ces chefs‑d’œuvre et les documents qui les ont engendrés est saisissante : chaque ligne semble répondre à un schéma observé, découpé ou collectionné par l’artiste. Cette approche souligne que l’abstraction n’est pas une rupture avec le réel mais une synthèse de celui-ci.
L’art hors les murs : une expérience sensorielle et solaire
Le LaM ne se vit pas uniquement entre quatre murs et l’expérience se prolonge naturellement dans son parc de sculptures, l’un des plus vastes d’Europe. Sous la lumière exceptionnelle qui baigne la métropole lilloise ces dernières semaines , les volumes géométriques du bâtiment dialoguent avec les courbes d’Alexander Calder et les silhouettes massives de Picasso. C’est ici que le lien entre l’art et le vivant devient palpable.
Pour prolonger la réflexion ou simplement vous offrir une pause , les sentiers du Parc Urbain mènent directement aux rives du Lac du Héron. Avec des tarifs avantageux pour les moins de 26 ans, cette escapade hybride permet de coupler une immersion culturelle internationale avec une détente absolue en plein air. En sortant de l’exposition, on ne regarde plus le paysage de la même manière : on y cherche les tensions et les couleurs que Kandinsky a appris à isoler. Prévoyez une demi-journée complète pour épuiser les richesses de son art et les recoins du parc ; l’investissement en temps est largement récompensé par la clarté d’un regard renouvelé sur notre environnement, prouvant que le LaM demeure le poumon créatif de la métropole.