Affaire Nahel : le policier ne sera pas jugé pour meurtre

Trois ans après la mort de Nahel Merzouk à Nanterre, la justice franchit une nouvelle étape. La Cour d’appel de Versailles a décidé que le policier, auteur du tir, sera bien jugé, mais pour « violences volon­taires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Une affaire à l’ampleur nationale

Le 27 juin 2023, lors d’un contrôle routier à Nanterre, Nahel Merzouk, 17 ans, est tué par un tir policier après un refus d’ob­tem­pé­rer. La scène, filmée par un témoin, est diffusée sur les réseaux sociaux où elle provoque une véritable onde de choc en France.

Dans les jours qui suivent, des émeutes éclatent dans de nom­breuses villes. Durant ces mani­fes­ta­tions, des milliers de personnes sont interpellées.

La mort de l’adolescent devient rapi­de­ment un symbole des tensions entre une partie de la jeunesse des quartiers popu­laires et les forces de l’ordre.

Et au-​delà du fait divers, l’affaire relance un débat récurrent en France : celui de l’usage des armes par la police, notamment lors des contrôles routiers et des refus d’obtempérer.

La qua­li­fi­ca­tion de « meurtre » abandonnée

Sur le plan judi­ciaire, l’affaire a connu plusieurs rebon­dis­se­ment. Le policier mis en cause avait d’abord été mis en examen pour meurtre, ce qui supposait son intention de tuer Nahel. Les juges d’ins­truc­tion avaient même ordonné un procès pour ce chef d’accusation.

Mais le policier a fait appel. La Cour de Versaille a donc fina­le­ment requa­li­fié les faits en « violences volon­taires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Selon les magis­trats, les éléments du dossier ne per­mettent pas d’établir avec certitude une intention homicide.

Avec cette requa­li­fi­ca­tion, le policier sera fina­le­ment jugé devant une cour cri­mi­nelle dépar­te­men­tale composée de magis­trats pro­fes­sion­nels, et non devant une cour d’assises avec un jury populaire. Dans ce cadre, la peine encourue peut aller jusqu’à vingt ans de prison.

Une décision qui divise

Cette modi­fi­ca­tion des chefs d’ac­cu­sa­tion suscite de fortes réactions. L’avocat de la mère de Nahel dénonce une décision « honteuse et scan­da­leuse », estimant que la justice minimise la gravité des faits.

La défense du policier, quant à elle, considère cette requa­li­fi­ca­tion comme « plus conforme aux faits et au droit », estimant que le tir s’inscrivait dans une situation de tension lors d’un contrôle routier.

Le procès, attendu dans les prochains mois, sera donc bien plus qu’une simple audience pénale. Pour beaucoup, il sera aussi un moment de vérité sur une affaire qui a marqué dura­ble­ment la France.

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