Chaque année, en octobre, le rose s’invite dans les vitrines et les événements solidaires. Courses, collectes de dons et campagnes de sensibilisation rappellent l’importance de la lutte contre le cancer du sein. Mais une fois le mois terminé, que reste-t-il de cette mobilisation ?
Derrière cette mobilisation annuelle, les expériences personnelles rappellent que la maladie transforme durablement le quotidien des personnes touchées.
« Tout le monde connaît quelqu’un qui est touché »
Diagnostiquée d’un cancer du sein invasif en 2017, à l’âge de 44 ans, Frédérique connaissait Octobre Rose, mais n’y participait pas réellement avant la maladie. Après plusieurs mois de chimiothérapie, une opération et des séances de radiothérapie, son regard sur cette mobilisation a changé. Elle mesure désormais l’importance de la prévention et de l’information. « Tout le monde connaît quelqu’un qui est touché », souligne-t-elle. Si Octobre Rose permet de libérer la parole et d’encourager le dépistage, la sensibilisation ne peut se limiter à quelques semaines.
Au-delà du ruban rose, des besoins persistants
La multiplication des produits roses et des opérations commerciales soulève des interrogations sur la place du marketing dans cette campagne. Si certain dénoncent un certain « pink-washing », pour Frédérique, ces critiques n’enlèvent rien à l’importance de parler de la maladie. Toute initiative qui contribue à sensibiliser le public reste, à ses yeux, bonne à prendre.
Mais la visibilité doit aussi s’accompagner de réponses concrètes aux besoins des personnes touchées. La fin des traitements ne signifie pas nécessairement la fin des difficultés. La reconstruction et le retour au quotidien peuvent nécessiter un accompagnement durable, ce pourquoi octobre rose ne perd pas de son utilité.
Frédérique se souvient du contraste entre les soins et leur arrêt : « Il y a de l’aide, mais pas là où j’en ai le plus ressenti le besoin. À la clinique, j’avais comme une seconde vie. Et du jour au lendemain, tu n’as plus rien. »
L’actualité du Zoladex, un médicament utilisé notamment dans certaines prises en charge du cancer du sein, illustre également les inquiétudes liées à l’accès aux soins. Son déremboursement est prévu en France à partir du 15 décembre 2026, à la demande du laboratoire qui estime ne pas être assez compétitif. Cette décision interroge la continuité des traitements. Une question se pose alors : L’accessibilité aux traitements médicaux devrait-elle dépendre des intérêts financiers des entreprises pharmaceutiques ?
Faire vivre l’engagement toute l’année
Si un mois de sensibilisation semble efficace, il reste difficile d’envisager une telle mobilisation pour chaque cause. Comme, Octobre Rose, Novembre Bleu permet de fédérer le public autour d’un enjeu de santé. Mais la portée de ces campagnes se mesure aussi à ce qu’elles laissent après elles.
Derrière le ruban rose, la mobilisation ne devrait pas s’arrêter au mois d’octobre. Car si chaque année, les monuments s’illuminent de rose pour mettre la cause en lumière, lorsque les façades retrouvent leurs couleurs habituelles, la lutte contre le cancer du sein, elle, ne s’éteint pas.