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    “On travaille beaucoup et on s’en sort à peine” : l’in­fla­tion passe mal à « la Moulinette »

    Le café La Moulinette, niché au cœur d’une rue animée du quartier Moulins, se distingue comme un véritable bastion de culture et de convi­via­lité. Mais alors que l’in­fla­tion gronde et que les coûts de fonc­tion­ne­ment aug­mentent, ce lieu unique se trouve confronté à des défis éco­no­miques redoutables.

    Dans le café La Moulinette règne une ambiance cha­leu­reuse et décon­trac­tée, les livres suspendus au mur sont le reflet de la déco­ra­tion “récup”et les tables sont souvent le théâtre de dis­cus­sions animées entre habitués et nouveaux venus. Mais ce qui distingue véri­ta­ble­ment ce café solidaire, c’est sa pro­gram­ma­tion cultu­relle et musicale variée.

    Chaque semaine, Nicolas Fait, cogérant du café la Moulinette propose divers évé­ne­ments allant des concerts aux soirées de lectures de poésie, en passant par des dis­tri­bu­tions de légumes et des dis­cus­sions éthiques sur le polyamour. La clientèle, géné­ra­le­ment issue du quartier, est source de pro­po­si­tion pour les futures activités. Les habitués y trouvent un refuge pour nourrir leur esprit tout en sirotant un café équitable. Ce qui rend cet endroit encore plus par­ti­cu­lier, c’est son statut de coopé­ra­tive détenue et gérée par ses neuf employés. Pour Nicolas, “le but n’est pas de viser exclu­si­ve­ment le profit”, les décisions au sein de la coopé­ra­tive sont prises démo­cra­ti­que­ment, avec un enga­ge­ment envers la dura­bi­lité sociale et économique.

    Nicolas Fait, cogérant du café La Moulinette © Mélissa Meaux

    Cependant, malgré son succès indé­niable sur le plan culturel, le café solidaire n’est pas à l’abri des réalités éco­no­miques qui menacent sa survie. L’inflation crois­sante a entraîné une aug­men­ta­tion des coûts de la nour­ri­ture, des boissons, du loyer et de l’électricité, mettant une pression finan­cière consi­dé­rable sur ses opé­ra­tions. Pour faire face à ces défis, le café a dû revoir sa structure tarifaire, augmenter les prix de ses produits et négocier avec les pro­duc­teurs locaux. Nicolas, se sent démuni et il a peur pour la suite si aucun effort n’est fait. Selon lui, il faudrait rediriger l’argent vers des modèles vertueux comme celui-​ci où l’humain et l’environnement sont au cœur du projet. “On travaille beaucoup, et on s’en sort à peine”, se désole-​t-​il, la charge mentale est impor­tante quand son travail et celui des neuf employés est en jeu. Mais Nicolas et son équipe sont forts de pro­po­si­tions et ils tiennent aussi à aider les personnes dans le besoin, alors le café La Moulinette a innové en intro­dui­sant le concept de « café suspendu ». Ce système de pré­paie­ment solidaire offre une solution simple, mais efficace pour soutenir ceux qui peinent à joindre les deux bouts dans un contexte éco­no­mique difficile. 

    "café suspendus" pour des personnes dans le besoin © Mélissa Meaux
    « café suspendus » pour des personnes dans le besoin © Mélissa Meaux

    La situation soulève également des questions plus larges sur la viabilité des entre­prises à vocation sociale et cultu­relle dans un marché éco­no­mique de plus en plus com­pé­ti­tif. Alors que de nombreux petits commerces se battent pour leur survie, des voix se font entendre pour défendre des ini­tia­tives comme celle de La Moulinette, sou­li­gnant leur contri­bu­tion unique à la vie com­mu­nau­taire et cultu­relle. Nicolas et son équipe conti­nuent de chercher des solutions créatives pour maintenir le café à flot. Ils envi­sagent des par­te­na­riats avec d’autres entre­prises locales et des évé­ne­ments spéciaux pour attirer de nouveaux clients. Cependant, le défi reste de taille, et la route vers la pérennité éco­no­mique est semée d’embûches.

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