Selon une enquête de la Fédération hospitalière de France dévoilée ce 8 mars, plus de sept femmes sur dix déclarent gérer seules l’organisation de la santé au sein de leur foyer. Une responsabilité souvent invisible qui peut avoir des conséquences sur leur propre santé.
Prendre rendez-vous chez le pédiatre, penser aux vaccins, accompagner les enfants chez le médecin ou encore passer à la pharmacie : dans de nombreux foyers, ces tâches reposent majoritairement sur les femmes. Une enquête menée par la Fédération hospitalière de France, dévoilée à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes ce 8 mars, met en lumière cette réalité. Plus de sept femmes sur dix déclarent porter seules la charge sanitaire de leur foyer.
Dans le détail, 85% des femmes interrogées affirment gérer presque seules la prise de rendez-vous médicaux pour leurs enfants ou leur conjoint. Elles sont également 82% à s’occuper des traitements médicaux et 80% à accompagner les membres de la famille aux consultations. Une organisation qui s’installe souvent sans réelle discussion dans le couple. Carole, mère de 3 enfants, habitante de Lyon, raconte. « Mon mari a dû accompagner une de nos filles chez le médecin pour un contrôle. Lorsque celui-ci lui a demandé pourquoi il venait, il n’a pas su répondre. Pareil lorsqu’il a fallu donner le poids et la taille de notre fille ». Des préoccupations qui s’ajoutent à une charge mentale souvent importante pour les femmes et les mères.
Une charge qui pèse sur la santé des femmes
Cette responsabilité quotidienne n’est pas sans conséquence. L’étude montre que près de trois femmes sur cinq estiment que cette charge a un impact négatif sur leur bien-être et leur santé. Certaines finissent par reléguer leur propre suivi médical au second plan. Selon l’enquête, 63% des femmes ne réalisent pas systématiquement leurs examens gynécologiques de contrôle.
« Entre les rendez-vous des enfants, les urgences du quotidien, je passe souvent en dernier. Ça m’est déjà arrivé de repousser mon propre rendez-vous chez le médecin pendant des mois, faute de temps », témoigne Anne, mère de 5 enfants croisée dans un supermarché accompagnée d’une de ses filles.
Des douleurs encore minimisées
Au-delà de la charge mentale, certaines femmes disent également rencontrer des difficultés à être prises au sérieux dans leur parcours de soin. L’enquête souligne que près d’un tiers des répondantes affirment s’être déjà vu refuser une prescription médiale. Plusieurs études pointent par ailleurs un biais de genre dans la prise en charge médicale, notamment pour certaines pathologies. Les maladies cardiovasculaires, par exemple, restent parfois sius-diagnostiquées chez les femmes, entraînant une surmortalité.
L’enquête a été réalisée auprès de 1 328 femmes âgées de plus de 18 ans, représentatives de la population française. Les participantes ont été interrogées en ligne entre le 18 et le 24 février 2026. À l’heure où l’égalité femmes-hommes reste au coeur des débats, cette étude rappelle que la répartition des responsabilités domestiques concerne aussi la santé. Une organisation qui repose encore largement sur les mères.