Chaque hiver, des bénévoles de l’association Nature et Vie Thumeries se relaient pour protéger grenouilles, crapauds et tritons dont la migration les oblige à traverser la route de Phalempin. Dimanche 18 janvier, ils se sont retrouvés pour la 10ème édition dans la forêt domaniale.
Le 18 janvier à 9 h, ils étaient plusieurs dizaines, venus de toute la Pévèle-Carembault, à se rassembler en lisière de la forêt de Phalempin. Objectif : installer la barrière à amphibiens qui permettra de sauver grenouilles, crapauds et tritons en pleine migration vers l’étang. Un rendez-vous désormais incontournable pour l’association Nature et Vie Thumeries, fondée en 1988 et présidée par Didier Cailleux. Forte de 114 adhérents, elle mène cette année sa dixième opération dédiée aux batraciens : « Ce matin, nous allons tous faire notre part pour protéger les amphibiens », lance le président avant le départ des équipes.
Une migration de plus en plus précoce
Traditionnellement observée début février, la migration commence désormais dès la mi-janvier, conséquence directe du réchauffement climatique. Les amphibiens doivent traverser la route de Phalempin pour rejoindre l’étang, un passage particulièrement meurtrier. En 2025, la migration a chuté de 40 %, mais les bénévoles ont tout de même réussi à sauver 4 612 individus.

Pour sécuriser le trajet, le sol est nivelé puis une ligne directrice tracée sur 800 à 900 m le long de la lisière. Une bâche tendue et fixée par des piquets forme six secteurs d’environ 150 m, chacun supervisé par un chef d’équipe. Tous les dix mètres, un seau enterré fixe et précède le second, propre et désinfecté, qui accueillera les animaux. Un bâton est également placé à l’intérieur pour permettre aux rongeurs de ressortir sans s’épuiser. Lorsque la barrière est prête, il ne reste plus qu’à attendre l’arrivée des grenouilles.
Un engagement quotidien jusqu’à fin mars

« Dès que le filet est fixé, notre devoir est d’intervenir tous les matins jusqu’à fin mars », rappelle Didier Cailleux. Les bénévoles comptabilisent les amphibiens, déterminent leur genre et les relâchent de l’autre côté de la route, près de l’étang. Pour les individus blessés, ils sont soignés par un professionnel : « Nous collaborons avec des vétérinaires, c’est un travail très sérieux. »
Une vigilance de chaque jour, indispensable pour préserver des espèces fragilisées dont la survie dépend désormais autant de la mobilisation humaine que de l’équilibre des milieux naturels.