Tintin, Astérix ou encore Lucky Luke, des personnages qui ont marqué l’histoire de la bande dessinée. Dans leur ombre, ce sont des centaines d’hommes et de femmes qui insufflent la vie dans ces univers faits de bulles et de papier. Pourtant, la vie d’artiste n’est pas sans complications, Grégory Watine est dessinateur, scénariste, mais aussi comptable. À l’occasion de la sortie de l’anthologie Centaur Chronicle, ce créateur nous partage son expérience en tant qu’artiste.
Grégory Watine s’est très vite orienté vers le monde de l’image. Pourtant alors qu’il pensait trouver sa voie dans le cinéma, à sa grande surprise, il constate qu’il arpente plus les couloirs des librairies que ceux des salles obscures. « C’est là que j’ai compris que j’étais trop passionné par la bande dessinée pour n’en faire qu’un simple passe-temps. » Fort de cette constatation et avec son diplôme en poche, il consacre alors la totalité de son temps à apprendre l’anatomie, le découpage ainsi que le sens et l’influence de la lumière.
Centaur Chronicle :la consécration d’un savoir-faire indépendant
Après avoir enchaîné les commandes, il est approché par Jean-Michel Ferragatti pour le projet Centaur Chronicle. Une BD réalisée par des artistes indépendants adaptant des personnages tombés dans le domaine public. Avec Laurent Artaud à l’écriture, il réalise Fantoman : sa première BD en tant qu’artiste. Fort de ce succès, il est recontacté par Centaur Chronicle, qui lui offre carte blanche pour adapter le tout premier super-héros masqué : The Clock. Une proposition qu’il n’a pas hésité à accepter : « J’avais la liberté que beaucoup d’artistes rêvent d’obtenir, ça m’a motivé à réaliser ce projet ».
Artiste, une profession sans aucun temps mort
Être artiste indépendant, ce n’est pas être que dessinateur, c’est également être scénariste, coloriste ou encore comptable, comme le confirme Grégory : « Pour Chronicle, j’ai dû être à la fois dessinateur, scénariste et coloriste, c’est toute une gymnastique intellectuelle. Ainsi, je me lève parfois vers 5 heures du matin juste pour terminer une case ». Pourtant même avec un rythme effréné, il trouve toujours le temps de donner des cours à Lille car, pour lui, transmettre la passion du dessin est nécessaire, surtout à la suite des menaces de l’intelligence artificielle : « Je pense qu’il est crucial de transmettre l’envie de dessiner. Il faut préserver le métier d’artiste. C’est pour cela que la Ligue des artistes et auteurs agit activement pour faire valoir nos droits en tant qu’artistes »