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    À Lille, le premier ocu­la­riste ouvre son cabinet

    À Bondues, un cabinet de prothèse oculaire a ouvert ses portes le 1er février. Cyrille Ey réalise des yeux plus vrais que nature. À 38 ans, cet ocu­la­riste exerce un métier rare, à la croisée de l’art et du soin. Un travail d’orfèvre, pour aider adultes et enfants à retrouver leur regard.

    C’est dans son cabinet, situé à Bondues, que Cyrille Ey passe le plus clair de son temps. Collée à la salle de consul­ta­tion, une autre pièce attire le regard : un atelier pas comme les autres. Sur son plan de travail, une palette de poudres aux nuances infinies, des bleus profonds, du blanc et du marron noisettes. Plus loin, posés dans des moules servant de base pour la création de prothèse, des iris qui semblent nous observer. À première vue, on croirait à de vrais yeux. Intrigants, presque trou­blants il faut s’en approcher pour com­prendre que ce sont en réalité des prothèses oculaires. Dans son atelier ouvert début février la magie dépasse l’art. À 38 ans, Cyrille exerce un métier encore méconnu du grand public : ocu­la­riste. Une pro­fes­sion rare à la croisée de l’art et du soin, qu’il pratique depuis une quinzaine d’années : « Le côté artis­tique occupe que 10 % et 80 % restant c’est de la psy­cho­lo­gie », nous explique-​t-​il avec humilité.

    Oculariste : un travail d’orfèvre

    Chaque prothèse est unique. Tout commence par une prise d’empreinte. Cyrille mesure avec précision la cavité oculaire, ou l’œil existant pour créer une base par­fai­te­ment adaptée à la mor­pho­lo­gie du patient. Vient ensuite la fabri­ca­tion du moule. Un modèle sur mesure, ajusté au mil­li­mètre près. Puis, commence la partie la plus minu­tieuse : la peinture de l’iris. À l’aide de cinq pigments naturels, il reproduit les moindres nuances de l’œil sain. Enfin, il ajoute les veines à l’aide de laine rouge effilée. Ce sont ces détails qui donnent l’illusion parfaite du vivant : « Une prothèse réussie, c’est une prothèse où je ne peux pas faire mieux où je suis sûr que la couleur, le blanc de l’œil, l’équilibre des couleurs et tous les para­mètres sont ok. »

    En France, seulement une trentaine d’ocularistes exercent pour environ 200 000 porteurs de prothèses oculaires. © Fayka MADI SOILIH

    Le poids du regard

    Dans le silence de l’atelier, les gestes sont minutieux et chaque œil est peint à la main. Un long travail. Pourtant, rien ne pré­des­ti­nait Cyrille à ce métier. Petit, il rêvait d’être pompier : « Je voulais être le meilleur pompier. C’était mon rêve de petit garçon ». La rencontre avec un ocu­la­riste va pourtant bou­le­ver­ser ses ambitions. Aujourd’hui, il accom­pagne des adultes comme des enfants à retrouver un regard mais aussi à restaurer une image de soi : « Ils ont une vie sociale qui redémarre pour certains. C’est tout bête, mais quand on dit bonjour, c’est avec les yeux et au revoir aussi. Tout passe par le regard », dit-​il. Pour une prothèse oculaire ultra-​réaliste, il faut compter environ 845 euros pour un patient ayant perdu un œil et 1 000 euros pour un patient dont l’œil est toujours présent. Des montants entiè­re­ment pris en charge par l’Assurance Maladie et les com­plé­men­taires santé.

    Quand la dif­fé­rence devient une force

    Parmi ses patients, des adultes, mais aussi des enfants comme Augustin âgé de neuf ans. Il a subi une énu­cléa­tion de l’œil gauche à la suite d’un cancer rare : le réti­no­blas­tome, le cancer de la rétine. Il porte une prothèse, mais pas n’importe laquelle car les modèles ultra-​réalistes ne l’intéressent pas. Lui, ce qu’il aime, c’est Naruto : « La prothèse fantaisie a vraiment été un élément d’acceptation chez lui, il est fier. À l’école, il est devenu la star, tous ceux qui connais­saient Naruto étaient fascinés. Ils disaient ‘mais comment tu fais ? Moi aussi je veux le même ! », nous raconte Delphine Thielen, sa maman. « Quand les patients entrent dans le cabinet, ils arrivent souvent la tête basse. Quand ils res­sortent, quelque chose a changé », note Cyrille.

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