Ces nordistes ouvrent en grand leurs bras aux réfugiés

Alors que le conflit armé s’intensifie en Ukraine, la première vague de réfugiés arrive en France. Dans les villes et chez les habitants, partout dans le nord, l’accueil s’organise. Reportage auprès de deux familles à Emmerin et Bauvin.

Dans le salon, une chaîne d’info en continu et ce bandeau « Guerre en Ukraine ». Au sol, des sacs remplis de vêtements et de dons qu’Amélie, une habitante d’Emmerin près de Lille, a récupéré cette semaine. Car mardi, avec son mari, ils ont fait la route jusqu’à Berlin pour aller chercher une famille ukrai­nienne composée de Lana et de ses deux filles ; des amies du couple. « Quand la guerre a été déclarée, notre premier objectif était de les ramener en France » explique Amélie. 

Il fallait partir

Un voyage déchirant, mais néces­saire, pour cette famille de Kiev. « Lundi matin, j’ai convaincu ma mère de s’enfuir avant qu’il ne soit trop tard », témoigne Sasha, l’aînée. Cachée plusieurs jours dans un sous-​sol, la famille était effrayée par les bom­bar­de­ments visant la capitale. C’est en pyjama qu’elles se sont ruées vers la gare, n’emportant que leurs papiers et leur chien. « Laisser nos grands-​parents là-​bas nous a déchiré le coeur, mais il fallait partir », rajoute Sasha. Ici, en France, on leur réserve un accueil cha­leu­reux. Amélie leur a préparé une chambre, des vêtements propres, et même des cro­quettes pour le chien. Le tout financé par une cagnotte en ligne. « Les gens ici sont très gentils avec nous. La maire d’Emmerin nous a même trouvé un appar­te­ment en 24 heures », témoigne Sasha, émue par la soli­da­rité des Nordistes.

Lana et ses deux filles Sasha et Ksenya, arrivées en France jeudi, tiennent leur passeport en main. © DR

mobi­li­sa­tion générale

Direction Bauvin, ou nous avons rencontré Olena. Elle aussi a fui l’Ukraine avec ses enfants pour trouver refuge chez des amis. « C’est un sou­la­ge­ment qu’ils soient arrivés en sécurité », expliquent Julie et Anthony, leur famille d’accueil. Grâce à la géné­ro­sité du maire, des habitants et d’une cagnotte, ils ont tout préparé pour qu’Olena se sente chez elle. « Chez eux, j’ai la chance incroyable de pouvoir mettre mes enfants en sécurité. Mais mon cœur reste avec l’Ukraine, mon mari n’a pas pu partir, c’est très difficile » confie la jeune Ukrainienne. Alors que près de 500 000 personnes ont déjà fui l’Ukraine, la ville de Lille aussi se mobilise. La maire, Martine Aubry, a lancé un appel demandant aux personnes volon­taires pour accueillir des réfugiés de se signaler *. C’est le cas de Martin, 23 ans, et ses colo­ca­taires qui n’ont pas hésité : « Nous n’avons pas eu les modalités d’accueil, mais nous nous sommes quand même portés volon­taires. C’est très important pour nous de leur venir en aide ». Plus de 400 Nordistes se sont mobilisés, en plus des 250 places d’hébergement proposées par la ville. Près de 1 000 Ukrainiens pour­raient donc être rapi­de­ment accueillis à Lille, et bien plus dans tout le Nord de la France. 

* Si vous souhaitez accueillir des réfugiés vous pouvez contacter direc­te­ment la mairie via l’adresse e‑mail suivante : accueilukrainiens@mairie-lille.fr

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