À partir de septembre 2026, l’accès à certains réseaux sociaux sera fermé aux moins de 15 ans. Pensée comme une réponse aux inquiétudes sur la santé mentale des adolescents, la mesure se heurte déjà à l’ingéniosité des adolescents.
La loi qui vise à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, cible des plateformes comme TikTok, Instagram ou Facebook. Toutefois, la liste précise sera fixée par l’Arcom d’ici les prochains mois. Les applications auront jusqu’à fin décembre pour supprimer les comptes existants de mineurs. Pour vérifier l’âge, plusieurs outils sont à l’étude : applications de contrôles d’âges, portefeuille numérique européen ou estimation par selfie. Des dispositifs déjà testés en Australie, où des millions de comptes ont été supprimés.
VPN, faux profils et intelligence artificielle
Dans la pratique, ces dispositifs montrent vite leurs limites. De nombreux adolescents utilisent des VPN, ces réseaux privés qui masquent la localisation et font croire à une connexion depuis l’étranger. « Franchement, dès qu’ils bloquent l’accès, il y a toujours un moyen de passer par un VPN. Je l’ai déjà fait avec Twitter, c’est rapide et gratuit », affirme Maxime, 14 ans.
D’autres contournent les contrôles en empruntant l’identité d’un parent, d’un proche ou en générant grâce à l’intelligence artificielle des images de personnes adultes pour tromper les systèmes de reconnaissance faciale. Certains jeunes utilisent même des images issues de jeux vidéo pour passer les contrôles.
« L’adoption de cette loi soulève autant de questions pratiques que juridiques. Les outils destinés à limiter l’accès des réseaux sociaux aux mineurs doivent être conçus pour être à la fois efficaces et respectueux des données, ce qui est très délicat à atteindre » explique Mathilde Garcia, juriste en propriété intellectuelle. Autant d’exemples qui illustrent le défi posé aux plateformes. Faire respecter la règle sans sous-estimer la créativité de leurs plus jeunes utilisateurs.