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    Les Dogues à la niche !

    Lille devait répondre. Lille a coulé. Battus lour­de­ment par Strasbourg (1−4), les hommes de Bruno Génésio enchaînent une cinquième défaite consé­cu­tive et s’enfoncent un peu plus dans la crise. Le top 4 s’éloigne, la confiance aussi.

    Dans une semaine déjà plombée par la défaite en Ligue Europa face au Celta Vigo (2−1) et les rumeurs autour de l’avenir de leur entraî­neur, les Lillois ont livré une pres­ta­tion inquié­tante. Sans âme. Sans révolte. Le but tardif de Matias Fernandez-​Pardo n’aura été qu’un maigre lot de consolation.

    Deux minutes pour sombrer

    Malgré une entame plutôt correcte, Lille a rapi­de­ment été puni. Strasbourg, plus vif et plus juste, a frappé fort. Très fort.
    À la 25e minute, Panichelli se joue de Mbemba sur un centre de Guéla Doué et déclenche un tir en pivot somptueux (0−1). Le temps pour le stade de com­prendre, Enciso double déjà la mise, servi par le buteur argentin (0−2, 26’).

    Assommés, les Dogues auraient pu réduire l’écart avant la pause, mais la frappe lointaine de Bouaddi trouve un Penders impérial. À la mi-​temps, Lille est déjà au bord du gouffre.

    Godo enfonce le clou

    Le retour des ves­tiaires laisse entrevoir un semblant de réaction. Un mirage.
    À l’heure de jeu, Moreira dépose un centre parfait, repris de l’épaule par Godo à bout portant (0−3, 58’). Le LOSC craque. Définitivement.

    Strasbourg déroule. Enciso distribue, Godo conclut. Doublé pour l’ailier, humi­lia­tion pour Lille (0−4). Les Dogues ne proposent plus rien, com­plè­te­ment dépassés. Fernandez-​Pardo sauve l’honneur dans le temps addi­tion­nel d’une frappe croisée (1−4, 90+3’). Trop tard. Trop faible.

    Une défense en dif­fi­culté, un milieu qui s’accroche

    Alignés à cinq derrière, les Lillois n’ont jamais semblé aussi fragiles. Mbemba et Mandi ont souffert face à la puissance et la vitesse de Panichelli. Perraud et Santos ont constam­ment été pris de vitesse sur les côtés.
    Seul Ngoy a tenté de surnager, mul­ti­pliant les inter­ven­tions et mettant un peu d’impact dans une défense aux abois.

    Dans le marasme général, Bouaddi et Mbappé ont au moins essayé. Du rythme, de la per­cus­sion, de l’intensité. Bouaddi s’est montré propre tech­ni­que­ment et à la récu­pé­ra­tion, à l’origine du seul but lillois. Mbappé, lui, n’a jamais triché : efforts répétés, prises de risques, frappes tentées. Mais aucune n’a trouvé le cadre.

    Des sup­por­ters écoeurés. 

    Dans les tribunes, chacun a choisi sa thérapie. D’abord les sifflets, histoire de rester sérieux deux minutes. Puis très vite, l’humour. Parce qu’à 0 – 4, autant en rire. La Souris verte résonne dans le stade, les joueurs de Strasbourg se font applaudir à chaque passe propre, et Pierre-​Mauroy se trans­forme doucement en comedy club.

    Au quatrième but, une partie du public décide que la soirée a assez duré et prend la direction du périph. Les autres, plus courageux (ou plus lucides), lancent une chenille dans les travées, comme pour rappeler que le spectacle était désormais dans les gradins. Sur la pelouse, les Dogues regardent ça de loin, impuissants.

    Au coup de sifflet final, malgré la lourde défaite, les joueurs sont allés saluer leurs sup­por­ters. Ces derniers ont tenu à leur rappeler qu’ils restaient derrière leur équipe, même dans la tempête.

    En confé­rence de presse, Olivier Létang a réaffirmé sa confiance envers son groupe et son entraîneur :

    « J’ai une grande confiance dans tout l’effectif, Bruno bien évi­dem­ment », évoquant le besoin « de vertus et d’un groupe solidaire ».

    Pour le coach, « c’est une soirée cauchemar ».

    À noter que Lille traverse sa plus longue série de défaites depuis 2003. Aux Dogues désormais de rebondir jeudi face à Fribourg.

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