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    Qui a dit que la politique était une affaire d’expérience ? À l’approche des muni­ci­pales, Florian et Florent, deux colis­tiers de 25 ans, l’un LFI, l’autre divers-​droite, portent le même enga­ge­ment : défendre leur cité. Face à l’abs­ten­tion, ils appellent la jeunesse à prendre son destin en main dans les urnes.

    « Allons‑y, on peut y aller ». C’est avec un grand sourire que Florian Epiter, colistier sur la liste d’Aziza Nouioua, candidate de La France insoumise pour la ville de Neuilly-​sur-​Marne en Seine-​Saint-​Denis (93), a accepté de répondre à mes questions. Malgré l’heure tardive et une voix un peu enrouée derrière le souffle de l’ordinateur, les yeux du jeune homme de 25 ans s’illu­minent lorsqu’il évoque l’his­toire de son enga­ge­ment. « Je me suis engagé en politique lors de mes années uni­ver­si­taires, où j’ai été élu étudiant pendant six ans. J’ai pu construire ma culture politique au fur et à mesure de mon enga­ge­ment, notamment en me déplaçant dans toute la France. Mais c’est lorsque le président de la République a dissous l’Assemblée nationale que j’ai compris que je devais agir. Pour moi, il faisait preuve de démence, donc je me suis dit : là, ce n’est plus possible. »

    Responsable du programme de la jeunesse, il s’adresse direc­te­ment à cette dernière à travers ses réseaux sociaux. Friand d’une com­mu­ni­ca­tion politique directe et ouverte au dialogue, l’ancien étudiant en STAPS utilise sa page Instagram , suivie par près de 1 500 abonnés, pour toucher un public habitué à bouder les urnes. Visionnées par des milliers d’internautes, ces vidéos per­mettent ainsi de mettre les élections muni­ci­pales au cœur de l’actualité. « Sur notre liste, on agit pour que les électeurs sachent qui nous sommes et à quel point on a envie de tra­vailler avec les habitants. Après, je ne peux pas aller chercher les gens le week-​end et leur prendre la main pour leur dire d’aller voter. Ce n’est pas possible. » L’enjeu reste encore de taille. Lors des dernières élections muni­ci­pales en France en 2020, l’abstention avait atteint près de 55 % au premier tour, un record pour ce scrutin local. Chez les 18 – 24 ans, plus de 60 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés dans certaines grandes villes selon plusieurs études de l’IFOP.

    La politique comme mode de vie

    De l’autre extrémité de la région d’Île-de-France, Florent se démène pour faire entendre sa voix. Originaire de Maintenon dans le dépar­te­ment d’Eure-et-Loir (28), il s’est installé à Rambouillet en 2012, une ville de 30 000 habitants située au sud des Yvelines (78) où il est engagé sur la liste élec­to­rale de la maire sortante, Véronique Matillon (divers droite). Très sensible aux questions de sécurité et de déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire, il a fréquenté une multitude de fédé­ra­tions de repré­sen­ta­tion étudiante durant ses études de psy­cho­lo­gie à Paris avant de s’engager en politique. « Mes convic­tions sont plutôt libérales. Pour autant, les valeurs conser­va­trices de la ville répondent autant à mes besoins per­son­nels qu’aux besoins de la population. »

    La commune, idéa­le­ment placée entre Chartres et Paris (30 minutes de train pour accéder à la capitale), offre un cadre de vie idéal. Sous le mandat de la maire, les 22 000 hectares du massif forestier de Rambouillet ont été rénovés afin de favoriser la mobilité douce. Des pistes cyclables ont été ajoutées afin de pouvoir pratiquer le VTT dans la forêt et de limiter l’utilisation de la voiture. Très attaché à l’image champêtre de la ville, Florent se bat pour que cette dernière converse son mode de vie. « Mon ambition est que la ville reste comme elle est. Cela concourt à l’identité de Rambouillet et c’est pour cela que je cherche à préserver cet héritage. »

    Être jeune, une force plutôt qu’une faiblesse

    Pourtant, si tout les oppose dans leurs idées, les deux colis­tiers ont la même ambition : être élus dans leur ville. Engagé sur le terrain, ils utilisent leur temps libre pour préparer des réunions de stratégie avec des res­pon­sables poli­tiques, déve­lop­per leur réseau et convaincre les habitants comme n’importe quel militant. Dans leurs listes res­pec­tives, leur énergie est saluée par ses pairs qui voient en eux des citoyens au service de leur commune. Lorsqu’on évoque le sujet de leur âge qui pourrait être un frein pour réussir en politique, Florent est caté­go­rique. Pour le Rambolitain, réussir dans ce milieu, décrié pour être fermé à la jeunesse, est possible si l’on se donne les moyens de ses ambitions. « Le pouvoir est difficile à conquérir tout court. Il faut savoir taper aux bonnes portes et se faire connaître au bon moment. Aujourd’hui, il y a plein de jeunes comme Jordan Bardella ou Gabriel Attal qui ont réussi à percer et qui occupent déjà énor­mé­ment de fonctions à leur âge, car ils se sont donné les moyens d’y arriver. »

    Pour Florian, la réponse est plus nuancée. Homme de terrain, il a pris l’habitude de ren­con­trer les jeunes de son quartier pour les convaincre d’aller voter. Amis de beaucoup de ses électeurs, il reven­dique une politique acces­sible et qui donne la parole à tous. S’il reconnaît que faire de la politique n’est pas quelque chose de commun à son âge, l’homme de 25 ans considère qu’on ne peut pas mani­fes­ter sa colère sans agir d’une manière ou d’une autre pour sa ville. « Cela demande un certain courage de s’intéresser à la manière dont se pro­duisent les décisions poli­tiques, les évé­ne­ments poli­tiques, que ce soit à l’échelle locale ou muni­ci­pale, qui touchent direc­te­ment la vie des gens. Pourtant, cela n’a pas de sens de se plaindre du feu si tu n’as pas d’eau pour l’arrêter. »

    En effet, s’il n’existe pas de solutions miracles, il encourage néanmoins ceux qui le sou­haitent à s’intéresser à la politique à travers les médias indé­pen­dants ou les vul­ga­ri­sa­teurs afin de prendre conscience de l’importance de leur vote. « Déserter le bureau de vote, c’est mettre en lumière et donner du crédit aux gens qu’on ne veut pas avoir », conclut Florian d’une voix grave avant de raccrocher.

    À quelques jours du premier tour des élections muni­ci­pales, le parfum rafraî­chis­sant du printemps donnera peut-​être l’envie aux jeunes de sortir et d’aller déposer un bulletin de vote.

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