Chaque mois de janvier, ils sont de plus en plus nombreux à relever le défi : passer trente-et-un jours sans une goutte d’alcool. Baptisé Dry January, ou « janvier sobre » en français, ce mouvement venu du Royaume-Uni s’est progressivement imposé en France. Mais que cache réellement ce mois de sobriété volontaire ?
Lancé en 2013 par l’association britannique Alcohol change UK, le Dry January invite chaque participant à faire une pause dans leur consommation d’alcool, après les excès des fêtes de fin d’années. Le but n’est pas de prôner l’abstinence totale, mais plutôt de questionner son rapport à l’alcool, souvent banalisé dans les sociétés occidentales.
Des bénéfices rapidement visibles
De nombreuses études mettent en avant les effets positifs d’un mois sans alcool : amélioration du sommeil, meilleure digestion, peau plus éclatante ou encore diminution de la charge sur le foie, organe central dans le métabolisme de l’alcool.
Mais au-delà des effets physiques, le Dry January agit aussi sur le plan psychologique. En supprimant sa consommation d’alcool, certains constatent une baisse de l’anxiété, une meilleure concentration et un renforcement de l’estime de soi. Beaucoup de participants évoquent également une prise de conscience : boire par habitude, par pression sociale ou pour gérer le stress du quotidien. Un mois suffit parfois à révéler des automatismes profondément ancrés.
Un défi qui séduit
En France, pays où le vin fait partie du patrimoine culturel, le Dry January n’est pas toujours vu d’un bon œil. Pourtant, le défi continue de séduire. Selon une enquête de l’IFOP, près de 17 millions de Français y ont participé en 2025, et encore plus de participants sont attendus pour l’édition 2026.
C’est le cas de Mathieu, 24 ans. « Ce qui me motive pour le Dry January, c’est d’abord les économies. » Un argument loin d’être anodin : en France, le prix moyen d’une bière se situe souvent entre 4 et 7 euros. En une soirée, la dépense peut vite grimper, pour un bénéfice parfois limité.
Au-delà de l’aspect financier, le défi met en lumière un enjeu central : la place de l’alcool dans la sociabilité. Refuser un verre peut encore susciter étonnement, voire incompréhension. Le Dry January contribue ainsi à normaliser le choix de ne pas boire, même temporairement.
Et après janvier ?
La vraie question réside sans doute là. Si certains reprennent leurs habitudes dès février, 58% des participants déclarent moins boire huit mois après avoir relevé le défi.
Malgré le refus persistant de l’État de soutenir officiellement cette campagne, le Dry January s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’un rapport plus conscient à la santé, au bien-être et aux comportements à risque. Sans injonction ni culpabilisation, il propose une expérience simple : faire une pause, observer, puis décider.
Finalement, que l’on adhère au concept ou non, le Dry January a le mérite d’ouvrir le débat. Et si, au lieu de se demander pourquoi arrêter de boire un mois, on se demandait pourquoi l’alcool est si souvent une évidence le reste de l’année ?