La pire catastrophe minière d’Europe et la deuxième dans le monde. Le 10 mars 1906, une explosion ravage les galeries de la compagnie minière de Courrières, dans le Pas-de-Calais. Si le bilan humain est très lourd, des avancées sociales sont aussi nées de ce drame.
Ils étaient dix-huit cents, adultes et enfants. 1 099 miniers sont décédés. Parmi eux, 290 adolescents. Une tragédie causée par un coup de poussier au niveau de la fosse 3 des galeries, c’est-à-dire l’inflammation des poussières de charbon mélangées à l’air ambiant. Vers 7h15, le souffle de la détonation anéantit 110 km de galeries, détruisant tout sur son passage. « J’ai entendu comme un coup de canon suivi d’un nuage de fumée », raconte, en 1965, Honoré Couplet dans l’émission « Aux quatre vents » de Inter Variétés présenté par Jean Thévenot. Les habitants des corons sont sous le choc et en colère.
Une mobilisation importante
À cette époque, la profession de mineur est l’une des plus organisées et syndiquées. Bien que le bilan humain soit la principale cause du mécontentement général, des problèmes de sécurité avaient également été signalés quelques jours auparavant. Rien n’avait été fait. C’est le début d’une importante gronde de plus de 50 jours mobilisant jusqu’à 60 000 grévistes sur tout le bassin minier. Des violences ont lieu après que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Georges Clémenceau, a ordonné le déploiement de l’armée. Le 30 avril, les travailleurs reprennent leur activité sans cacher leur déception.
Des avancées sociales finalement obtenues
Non seulement la France est traumatisée par ce désastre, mais le monde montre aussi son soutien aux familles concernées. Plus de 6 millions de francs sont collectés, soit environ 14,3 millions d’euros. L’appel à une grève générale le 1er mai, afin de réclamer la journée de huit heures, fait très peur au gouvernement. Le pouvoir politique finit par céder en octroyant le repos dominical et en créant le Ministère du Travail à la fin de l’année 1906. La journée de huit heures est instituée quelques années plus tard, le 23 avril 1919.
Des hommages pour ne jamais oublier
Cent vingt ans plus tard, personne n’oublie. Des romans, BD, podcasts et même un ballet « Danse avec le grisou », créé pour le centenaire, rendent hommage aux plus de 1 000 vies et familles fauchées. Ce dimanche 8 mars, le Racing Club de Lens s’est souvenu de cette date tristement historique. A l’occasion d’un 81ème match consécutif à guichets fermés, le stade Bollaert-Delelis a participé aux commémorations avec un superbe tifo déployé dans la tribune Marek/Xercès accompagné d’une banderole portant le message : « Courrières mars 1906, ne jamais oublier les sacrifiés du bassin minier ». Une minute de silence a été respectée avant le début de la rencontre contre le FC Metz (3−0), comptant pour la 25ème journée de Ligue 1. Les joueurs ont, quant à eux, joué en vert et noir. Les couleurs du club à sa naissance en 1906, la même année que la catastrophe.