En dépres­sion sévère, Lise demande le droit à mourir

Lise* est atteinte du trouble du stress post-​traumatique et du trouble bor­der­line. Durant 16 ans, elle a subi la violence physique et psy­cho­lo­gique de ses parents. Aujourd’hui âgée de 24 ans, elle souhaite avoir recours à l’euthanasie en Belgique pour mettre fin à ses souf­frances mentales.

« Je n’ai jamais eu d’amour en étant enfant, si on peut appeler ça avoir été ‘une enfant’ », confie Lise. Elle a été battue et mal­trai­tée psy­cho­lo­gi­que­ment durant toute sa jeunesse. Seize ans de souf­frances à cause des « coups, les crises de colère intem­pes­tives » mais aussi « des injures. Je n’ai appris qu’a avoir honte de moi. »

Des souf­frances conti­nuent d’après Lise

Lise a alors décidé de se faire aider. « Je devais avoir 19 ans quand je suis allée voir pour la première fois une psy­chiatre. Elle m’a donné des anti­dé­pres­seurs et des anxio­ly­tiques. Ils m’a­paisent mais n’ef­facent pas
toutes les souf­frances. »

« Je n’en peux tout sim­ple­ment plus »

« Plus qu’avoir envie de mourir, c’est vivre que je ne veux plus. Vivre ma vie, où j’enchaîne les flashs des trau­ma­tismes avec des épisodes de dépres­sion très sévères. C’est une torture tous les jours. Mes limites ont été dépassées depuis bien trop longtemps. Je n’en peux tout sim­ple­ment plus. »

C’est alors qu’elle a pris la décision de demander une eutha­na­sie en Belgique. « J’ai eu un premier rendez-​vous avec un médecin des soins pal­lia­tifs de l’hôpital de Bruxelles accom­pa­gnée de ma psy­chiatre en novembre. Il m’a posé des questions sur ce qui me motivait à demander à mourir, si c’est un choix réfléchi. Ma psy­chiatre a aussi été inter­ro­gée pour savoir si mes souf­frances étaient réel­le­ment insou­te­nables. » Un deuxième rendez-​vous en janvier a confirmé que la volonté de Lise n’a pas changé.

Une dernière entrevue est prévue en août avant de lancer le protocole qui pourrait mener à l’euthanasie. En Belgique, le nombre de patients qui ont recours à l’euthanasie à cause de maladies psy­chia­triques est de 1 %. Ce droit est stric­te­ment encadré et réservé aux cas spé­ci­fiques des personnes ayant une souf­france très impor­tante
dont aucun remède ne peut venir à bout.

* NDLR. Le prénom a été modifié

Information
Si vous avez des idées dépres­sives le numéro d’écoute gratuit 31 14 est dis­po­nible 24/​24h et 7/​7j

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