IVG dans la Constitution : un symbole fort pour toutes les femmes

L’inscription de l’interruption volon­taire de grossesse dans la Constitution envoie un message de soutien et d’espoir à toutes les femmes du monde. Un droit durement acquis, à présent protégé par le texte fon­da­men­tal du pays.

Les députés et sénateurs se sont réunis en Congrès à Versailles ce lundi 4 mars. Validée par 780 voix contre 72, cette révision consti­tu­tion­nelle sera offi­ciel­le­ment célébrée le 8 mars, lors de la journée inter­na­tio­nale des droits des femmes. Le recours à l’avortement est garanti dans la loi depuis 1975, grâce à Simone Veil. Celle-​ci permet aux femmes d’interrompre leur grossesse jusqu’à la fin de la 14e semaine, ou pour des raisons médicales tout au long de la gestation. L’inscription de cette liberté dans la Constitution a pour but de protéger et de sécuriser ce droit, comme l’avait promis le président Emmanuel Macron il y a pile un an. 

Une décision his­to­rique 

En 2022, 234 300 avor­te­ments ont été pratiqués en France. Un acte médical toujours difficile pour les patientes concer­nées. Violette, jeune diplômée, a appris qu’elle était enceinte de trois semaines à la fin de l’année dernière. Cette grossesse n’étant pas désirée, la jeune femme s’est sentie démunie face à la nouvelle. « La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est : ‘que quelqu’un enlève cet embryon de mon corps !’ Je ne voulais pas qu’il reste à l’intérieur de moi », témoigne-​t-​elle. Le délai d’attente moyen entre la première demande formulée et la réa­li­sa­tion effective de l’acte est de 7 jours. Violette, elle, a dû attendre plus d’un mois et l’intervention a été réalisée au cours du troisième mois de grossesse. Un moment pénible et dou­lou­reux, mais néces­saire pour la jeune femme. Si la France fait un pas en avant, ce n’est pas le cas de tous les pays d’Europe. En Pologne, par exemple, l’IVG n’est autorisé qu’en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère. Revenue quelques mois plus tôt d’un échange dans ce pays, Violette se confie : « heu­reu­se­ment que ça ne m’est pas arrivé là-​bas, je ne sais pas comment j’aurais fait. J’aurais dû revenir d’urgence en France, et cette étape de ma vie aurait été encore plus com­pli­quée à gérer… » La jeune femme est recon­nais­sante envers la France d’avoir été libre d’accéder à cette procédure.

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