Présenté en avant-première au Kinepolis de Lomme le 23 janvier dernier, le nouveau film d’Anthony Marciano, « Le Rêve américain » (2h01min), retrace le parcours hors norme de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana. Portée par Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, cette comédie inspirée d’une histoire vraie sortira en salles le 18 février prochain.
Le cinéma français s’attaque à une « success story » comme on en voit peu. « Le Rêve américain » nous plonge dans le destin croisé de deux outsiders que rien ne prédestinait aux parquets cirés de la NBA. Le film nous raconte comment Jérémy, alors coincé derrière le comptoir d’un vidéo-club à Amiens, et Bouna, agent d’entretien à l’aéroport d’Orly, sont devenus les agents les plus influents du basket mondial.
« Je voyais toujours les deux mêmes gars sur les photos de la NBA »
Pour Anthony Marciano, le réalisateur, ce projet est né d’une curiosité presque fortuite. Lors de la présentation de l’équipe à Lomme, il explique avoir été intrigué par la récurrence de certains visages dans l’ombre des grands sportifs : « Je regardais des photos de basketteurs français qui étaient allés en NBA et je voyais toujours les deux mêmes gars derrière. Je me suis dit, mais c’est pas possible, pourquoi ils sont tout le temps là ? Et j’ai un peu creusé pour savoir de qui il s’agissait et là j’ai découvert qu’ils étaient français. »
Ce qui séduit le cinéaste, c’est avant tout la ténacité de ces deux hommes. Dans une industrie où les portes sont très souvent fermées, Bouna et Jérémy ont dû forcer le destin. « J’ai lu leur parcours incroyable et je me suis dit, il y a vraiment un film à faire », confie le réalisateur. Le scénario s’inspire de cette réalité brute : l’absence de réseau, le niveau d’anglais approximatif des débuts, et ce besoin vital de convaincre.
« Ils ont été très touchés et nous ont accompagnés »
Déterminé à obtenir l’accord des deux agents, le réalisateur envisage alors d’adopter la même audace que ses futurs héros. « Je voulais débarquer à leur bureau ou, comme ils passent 250 jours par an dans les airs, prendre l’avion et m’asseoir juste à côté d’eux », s’amuse-t-il en repensant à sa stratégie initiale pour les approcher.
Finalement, le destin s’avère moins complexe. Anthony Marciano parvient à établir le contact grâce à son réseau : « J’ai déniché des gens qui les connaissaient, qui pouvaient avoir accès à eux pour leur envoyer le scénario ». Une démarche payante, car les deux hommes sont immédiatement conquis : « Ils ont été très touchés et ils nous ont accompagnés après sur le film ».
Un casting de haut vol : Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard
Pour incarner ces deux tempéraments, le choix s’est porté sur Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard. Si la complicité du duo saute aux yeux, le défi physique était lui de taille, notamment pour Quenard qui devait paraître crédible ballon en main. « Au début, quand il jouait au basket, tout était courbé, tout était foot », ne manque pas d’ironiser Jean-Pascal Zadi, sur les débuts de son partenaire de jeu.
Pourtant, le travail a payé. Après quatre mois d’entraînement intensif, la transformation a bluffé l’équipe. « Quand on regarde le film, on voit le résultat : on dirait qu’il a joué au basket toute sa vie ! », s’exclame Zadi. Il ajoute, avec une pointe d’admiration : « À partir de ce moment-là, je me suis dit : c’est un grand acteur, il est très talentueux. D’ailleurs, tout ce que vous voyez à l’écran : la passe en arrière, les trois points, les paniers… Tout est vrai, il n’y a rien de truqué. »

« Le film m’a fait rire, m’a appris des choses et m’a fait rêver »
Au-delà de la performance individuelle, le film porte un message fort sur la solidarité. Pour Jean-Pascal Zadi, c’est là que réside le cœur du long-métrage : « Ce que le film raconte, c’est que la réussite, elle est collective. »
Cette dimension humaine a pris tout son sens lors de l’avant-première au Kinepolis, marquée par une belle surprise : la présence de Jérémy Medjana. Un enthousiasme partagé dans la salle, notamment par les passionnés de basket. « J’ai trouvé le film très intéressant, que ce soit au niveau du sujet abordé que du jeu des acteurs, qui en plus étaient là, ainsi que Jérémy Medjana. Le film m’a fait rire, m’a appris des choses et m’a fait rêver », confie Gabin, 25 ans, fan de la NBA.
Entre rires et émotion, le pari d’Anthony Marciano semble réussi : toucher le cœur des spectateurs tout en restant fidèle à l’incroyable réalité du terrain.