Voiture élec­trique :le rôle des entre­prises dans la tran­si­tion écologique 

À l’heure où la tran­si­tion éco­lo­gique s’accélère, la pers­pec­tive de la fin des moteurs ther­miques persiste au cœur des débats. Si les poli­tiques visent à réduire les émissions de CO₂ , les entre­prises jouent un rôle peu connu dans cette mutation en accom­pa­gnant leurs salariés vers la voiture élec­trique. Entre inci­ta­tions fiscales, stra­té­gies envi­ron­ne­men­tales et contraintes éco­no­miques, cette tran­si­tion s’impose pro­gres­si­ve­ment, révélant aussi de nouvelles limites pour les salariés et les employeurs.

L’inten­si­fi­ca­tion d’une tran­si­tion vers les voitures élec­triques dans les entre­prises s’explique d’abord par des méca­nismes fiscaux plus que par une obli­ga­tion légale directe. Le ren­for­ce­ment de la taxation des véhicules ther­miques et l’intégration des émissions carbone dans la gestion des flottes d’entreprise rendent pro­gres­si­ve­ment l’usage du moteur thermique moins rentable. Sans interdire offi­ciel­le­ment ce type de moto­ri­sa­tion, les poli­tiques fiscales orientent les choix des entre­prises vers l’électrique, notamment pour les véhicules de fonction. Dans ce contexte, les salariés disposent souvent d’une grille de choix limitée lors du renou­vel­le­ment de leur véhicule de service comme l’explique Nathan Lamotte, chef de projet dans l’industrie éner­gé­tique : « les avantages en nature à déclarer aux impôts pour les véhicules ther­miques sont devenus exor­bi­tants, indi­rec­te­ment on nous donne plus vraiment le choix (…) sinon on paye trop d’impôts et il n’y a plus d’avantage à avoir un véhicule de fonction. » Mais cette évolution s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis 2022 la Taxe sur les Véhicules de Société à été remplacée par deux taxes annuelles : La taxe sur les émissions de CO₂ (dont les modèles élec­triques sont exonérés) et la taxe sur les polluants atmo­sphé­riques. Dans un contexte où près d’un véhicule neuf sur deux est imma­tri­culé par une entre­prise en France en 2024, le ver­dis­se­ment des flottes devient un levier central de la tran­si­tion automobile.

Un plaisir de conduite au quotidien soutenu par les entreprises 

Un trajet en voiture élec­trique selon ce nouvel adepte « c’est confor­table et apaisant ça permet aussi de voyager plus lentement sans se presser et d’apprécier les pauses ». Pour profiter de ce confort au volant et faciliter le passage à l’électrique, certaines entre­prises vont prendre en charge la mise en place de borne de recharge à domicile comme c’est le cas pour Nathan : « étant locataire je n’en ai pas la pos­si­bi­lité mais mon entre­prise offre l’installation de bornes de recharges qui devien­dront leur propriété ». À côté des avantages éco­lo­giques, c’est l’avantage éco­no­mique qui est mis en avant avec un coût de 3 à 6€/100km pour les voitures élec­triques, contre 10 à 15 € pour les véhicules essence ou diesel. Et à ce niveau là, nom­breuses sont les entre­prises qui proposent une carte pro­fes­sion­nelle ou le rem­bour­se­ment de l’électricité pour les recharges en semaine. 

Un outil pro­fes­sion­nel autour duquel il faut se réorganiser 

Souvent présentée comme l’option idéale, le moteur élec­trique à ses limites et trans­forme certaines habitudes du quotidien. Cet ingénieur estime parcourir environ 500 kilo­mètres par semaine. Faute de borne à domicile ou sur son lieu de travail, il recharge prin­ci­pa­le­ment sur des bornes publiques souvent saturées aux heures de pointe. « Je planifie mes rendez-​vous en fonction des recharges et perds du temps à faire des allers-​retours aux bornes », explique-​t-​il, ajoutant que l’autonomie réelle ne cor­res­pond pas vraiment aux données construc­teur, « elle varie beaucoup selon l’utilisation et les condi­tions cli­ma­tiques mais ce n’est pas une surprise (…) il s’agit d’une esti­ma­tion pour une uti­li­sa­tion mixte ». Alors, entre inci­ta­tion fiscale et nouvelles habitudes, la voiture élec­trique de fonction apparaît comme un accé­lé­ra­teur discret de la tran­si­tion éco­lo­gique, tout en redé­fi­nis­sant le quotidien pro­fes­sion­nel de ceux qui l’utilisent.

Fiscalité auto­mo­bile

Nathan Lamotte, chef de projet dans l’industrie éner­gé­tique : « Les avantages en nature à déclarer
aux impôts pour les véhicules ther­miques sont devenus exor­bi­tants, indi­rec­te­ment on nous donne plus vraiment le choix (…) sinon on paye trop d’impôts et il n’y a plus d’avantage à avoir un véhicule de fonction.
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