Face aux addic­tions : une bouée de sauvetage contre la drogue

À Dunkerque, accom­pa­gnants et bénévoles subissent de plein fouet l’intensification du trafic de drogue de ces dernières années. Entre accom­pa­gne­ment et pré­ven­tion, les membres asso­cia­tifs dun­ker­quois doivent faire face à l’ivresse d’un combat quotidien contre les addictions.

Bien que le trafic de drogue transite par le port, la ville de Dunkerque peut compter sur un fort tissu social qui la préserve de sombrer. Les réper­cus­sions se font cependant sentir en péri­phé­rie comme à Gravelines, où le Groupe Pascal lutte contre vents et marées pour tenter de protéger des addic­tions, à l’heure de la recru­des­cence locale du trafic de stupéfiants.

Cela fait 34 ans que les édu­ca­teurs veillent à ce que leur travail soit « centré sur l’écoute et l’accompagnement éducatif » explique la direc­trice Laurence Mesguen. Au Groupe Pascal, l’aide fournie n’est pas médicale mais socio-éducative.

L’écoute pour soigner la souffrance

« À l’origine, on a démarré avec les problèmes de « sniff » dans les sacs plas­tiques, et la colle dans les éta­blis­se­ments scolaires », raconte Jean Pinte, président du Groupe Pascal depuis plus de 10 ans. Dorénavant, la cocaïne ou les amphé­ta­mines mono­po­lisent le trafic.

Les profils sont variés et en constante évolution. Pour Emmanuelle Lenglet, direc­trice du centre d’accueil des consom­ma­teurs de drogue de Dunkerque, les personnes enfermées dans les addic­tions sont géné­ra­le­ment des hommes entre 30 et 50 ans qui vivent dans une situation très précaire. Dans la région, les profils vont de grands précaires aux cadres avec une vie pro­fes­sion­nelle stable. Le Groupe Pascal reçoit environ 80 personnes par an et inter­vient dans plus d’une trentaine de communes alentours.

La Résidence Charles De Gaulle à Dunkerque. © A. Hugelé

« Ce qui fait venir les gens, ce n’est pas la prise de conscience des dangers, c’est la souf­france » ajoute Laurence Mesguen. La qualité et le temps d’écoute font la dif­fé­rence. Par leur approche, les membres du Groupe Pascal se refusent de tomber dans le piège de la stig­ma­ti­sa­tion et sou­lignent que « l’addiction n’est pas une faiblesse morale ». Ce qui les motive, c’est l’avenir.

Le lien comme crédo

Pour s’adapter à un trafic en flèche et à un marché variable, l’association a dû trouver des parades pour pouvoir continuer le combat. L’équipe du Groupe Pascal a été contrainte au rema­nie­ment en se pro­fes­sion­na­li­sant. Aujourd’hui, l’association et ses 6 salariés s’investissent auprès des personnes en proie aux addic­tions pour les aider à résister et pri­vi­lé­gier leur santé.

Le travail sur dif­fé­rentes com­pé­tences psy­cho­so­ciales comme « l’affirmation de soi, la capacité à dire non ou les habiletés sociales » participe au déve­lop­pe­ment de l’esprit critique des gens qui sou­haitent retrouver la force de lutter contre leurs démons. Éducateurs et addicts tentent d’avancer ensemble, peu importe le temps que cela peut prendre. Au Groupe Pascal, la question du lien est centrale.

Mais Dunkerque et ses alentours ne sont pas encore tombés aux mains des tra­fi­quants. Pour Alexis Constant, jour­na­liste à La Voix du Nord, le trafic de drogue profite souvent de la précarité sociale. À Dunkerque, malgré les dif­fi­cul­tés, il existe encore selon lui « un tissu social rela­ti­ve­ment solide, jouant un rôle de frein à l’installation de struc­tures cri­mi­nelles plus lourdes ». Avec comme dernière muraille face au trafic, l’humain.

Sans-​papiers, mais pas sans espoir : en lutte depuis 1996 jusqu’à la victoire

Depuis 30 ans, les membres du Comité des sans-papiers...

La nouvelle vague de la natation française s’appelle Mary-​Ambre Moluh

Une silhouette en maillot de bain tricolore qui s’avance...

Le Jardin élec­tro­nique comme dernier soupçon d’été

Les cloches de la rentrée sonnent la fin de...

Contrepoint n°46

Sans-​papiers, mais pas sans espoir : en lutte depuis 1996 jusqu’à la victoire

Depuis 30 ans, les membres du Comité des sans-papiers 59 sortent dans les rues de Lille chaque mercredi afin de crier ensemble leur colère....

Le musée des Beaux-​Arts se métamorphose

Le premier étage du musée des Beaux-Arts de Lille est fermé au public depuis le lundi 7 septembre. Le but des travaux est de...

Des chan­ge­ments sur le réseau Ilévia depuis la rentrée

Depuis le 31 août, le réseau de bus ilévia a changé de visage. Avec 153 lignes contre 140 auparavant, la Métropole Européenne de Lille...