Dernièrement, le Super Bowl a concentré l’attention des Américains mais aussi celle de quelques passionnés en France. Ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à ce sport mais aussi à le pratiquer.
11 800, c’est le nombre de licences de football américain délivrées en 2025 par la FFFA (Fédération Française de Football Américain). A cela, il faut ajouter les licences de cheerleading (sport où se mêlent danse, acrobatie, gymnastique et chant, né des spectacles de pompom-girl) et de flag (version du sport sans contact et sans protection) pour arriver à un chiffre record : 33 558 licenciés. Si le sport reste modeste dans son nombre de pratiquants, l’engouement est réel avec une croissance de près de 12% en un an seulement.
La pratique augmente mais le modèle reste fragile
Contrepoint a rencontré le président des Vikings de Villeneuve d’Ascq, Alexandre Deloncque, pour comprendre ce phénomène. « Cela fait 20 ans que je suis au club et il était déjà en plein essor mais ces dernières années, on voit une vraie progression avec 450 licenciés aujourd’hui. » Une croissance qui touche tous les âges : « Les jeunes sont très attirés par le flag qui se joue sans équipement. »

Interrogé lors de l’un de ses entraînements, le capitaine des Vikings, Geoffroy Plisson raconte ses débuts dans le football américain : « J’ai commencé quand j’avais 15 ans mais au début, personne ne pratiquait le sport. Aujourd’hui il y a plus de monde. » Malgré cette progression, le joueur insiste sur la fragilité du sport en France : « Avec la crise sanitaire, beaucoup de clubs ont fermé. Le sport reste très sensible aux circonstances extérieures. C’est encore un sport fragile et pour preuve, seule une équipe est professionnelle en France. »
Une vitrine exceptionnelle
Le football américain profite bien-sûr de l’immense médiatisation du Super Bowl aux Etats-Unis où il est le plus grand événement sportif de l’année. Les chiffres d’audiences en France ont augmenté constamment jusqu’en 2019, année record où 513 000 personnes avaient suivi le match de minuit à trois heures du matin. Si les chiffres sont en légère baisse depuis 2020, on note un pic pour le show de Rihanna en 2025 avec 500 000 spectateurs.
Une médiatisation modeste
Alexandre Deloncque décrit l’influence de l’événement : « On bénéficie de la vitrine NFL et Super Bowl mais on reste une petite fédération donc c’est normal qu’on ne soit pas beaucoup médiatisé. » Les matchs de première et seconde division sont diffusés sur le site de la fédération, les clubs ne touchent donc pas de droits TV de diffusion. Le capitaine de l’équipe ajoute : « C’est vrai que si la ligue française de football américain était diffusée à la télévision, cela ferait connaître le sport au grand public. »
Le match de NFL organisé à Paris en octobre prochain entre les Browns de Cleveland et les Saints de la Nouvelle-Orléans pourrait donc être l’occasion d’enfin transformer le « touchdown » (franchir la ligne d’en-but avec le ballon pour marquer six points) en France.