À quelques jours des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, Lomme, commune associée à Lille, voit s’installer un duel à couteaux tirés entre certains de ses candidats à la mairie. Un marathon politique haletant qui vire aux règlements de comptes personnels. De quoi nourrir une certaine confusion chez les prochains votants.
Coup de théâtre. Le 19 février dernier, fait rare dans une campagne politique, le maire sortant Olivier Caremelle a porté plainte contre son principal opposant et ancien adjoint, Lucas Wacrenier, candidat de la liste Lomme Citoyenne. Quelques jours plus tôt, La Voix du Nord avait relaté les positions politiques de M. Wacrenier, et notamment son avis sur son rôle d’adjoint au début du mandat de M. Caremelle, suscitant de vives accusations de la part du maire actuel, qui les qualifie de « graves ». Depuis, la commune de moins de 30 000 habitants se retrouve au cœur d’une controverse qui agite ses habitants comme ses élus. « On ne sait plus où donner de la tête » nous confie une habitante de l’avenue de Dunkerque, proche du Bourg. Elle n’est pas la seule, quelques mètres plus loin, c’est Pascal, habitant de Lomme depuis de nombreuses dizaines d’années qui explique : « C’est très dur de se projeter quand les faits divers prennent le pas sur les désirs des habitants qui doivent être le fondement même d’une campagne. »
Une campagne sous tension
Pour Roger Vicot, député du Nord et ancien maire de Lomme (2014−2022), ces municipales à venir ont un goût amer. Membre du Parti socialiste (PS) et allié du maire actuel lors de son investiture en 2022, l’élu entretient des relations plus que tendues avec son successeur Olivier Caremelle. Ce dernier l’a récemment supprimé sur Facebook, tout en le retirant de la boucle de discussion préparatoire à la campagne municipale. Se présenter sur la liste d’Olivier Caremelle pour Lomme ? « Inenvisageable », s’exprimait Roger Vicot pour Médiacités. Celui qui était autrefois son « ami » n’a pas non plus hésité à lancer de nombreuses piques sur le réseau social de Meta, revendiquant une reconnaissance de sa « notoriété et les bonnes opinions [le] concernant à Lomme approchent les 80% ».
En vue des municipales, l’ombre d’une liste du Rassemblement national fait planer sur cette ville, fief de la gauche, un sentiment mitigé dans ses rangs. Les cinq candidats se sont ainsi très rapidement affrontés pour pouvoir représenter la gauche au cas où une liste de droite – la seule potentiellement à se présenter – verrait le jour.
Un débat public plus que jamais souhaité
Karima Haziri, de la liste Lomme Citoyenne et engagée auprès de Lucas Wacrenier après son départ de la majorité d’Olivier Caremelle, a dernièrement proposé l’organisation d’un « débat public ». Une initiative bien accueillie par Pascal, habitant de Lomme, qui y voit enfin la possibilité de comprendre le futur de la ville : « C’est une bonne idée, il faut que les gens parlent pour qu’on sache. Ça permettra de rééquilibrer les débats, mais pas sûr que le maire veuille se joindre à ce projet… ». En effet, selon Karima Haziri, le maire sortant n’a toujours pas accepté la tenue de cette discussion.
À quelques jours de la fin de la campagne et des premiers votes, la situation reste floue à Lomme. Cinq candidats tentent de se partager les quelques milliers d’électeurs de la commune, mais dans un espace aussi disputé, tout reste possible… et les coups bas aussi !
20 000
C’est le nombre d’électeurs potentiels à Lomme. Grand enjeu pour les candidats pour, possiblement, envisager la mairie de Lille dans le futur.