Fleurbaix, cette petite commune de près de 3 000 habitants, située à la frontière entre les départements du Nord et du Pas-de-Calais, fait aujourd’hui parler d’elle. Alors que le village ne cesse de s’urbaniser et devient au fur et à mesure une zone de transit automobile vers l’A25, les citoyens semblent en avoir assez. Un écart se creuse : les actions municipales ne correspondent plus aux attentes des citoyens. Dans ce climat tendu, la campagne s’annonçait inévitablement mouvementée.
Pour la première fois depuis 2008, une liste concurrente à la liste de la majorité sortante est présente. Au-delà d’être inédites, ces élections offrent également leur lot de rebondissements. Six élus municipaux — trois adjoints du maire ainsi que trois conseillers municipaux — démissionnent à un mois des municipales dénonçant une « centralisation excessive des décisions » telle qu’affirmée par Stéphanie Théron, première adjointe, dans des propos relayés par La Voix du Nord.
L’actuel maire de Fleurbaix, Aimé Delabre, se défend : « C’est vrai que parfois, les décisions ont été prises très rapidement et je ne discute pas cela, sauf qu’il faut être opportuniste. Dans le secteur public, vous devez parfois prendre des décisions rapides car il y a des opportunités qui vous arrivent au niveau des subventions ».
Une déconnexion entre représentants et représentés
Aimé Delabre affirme qu’il a agi comme tel dans l’urgence afin de chercher des subventions sur des sujets cruciaux pour la commune. Lorsque l’on évoque les élus démissionnaires qui ont rejoint la liste de Thierry Brement, la tête de liste concurrente à celle du maire sortant, le maire dénonce une pratique de « politique politicienne » en affirmant que sa pratique de la politique sert à l’inverse à agir pour ses citoyens.
Pourtant ses propos agacent Anthony, résident de Fleurbaix depuis près de 12 ans. Lui et d’autres habitants de la commune ne se sentent plus écoutés.
« Les habitants de Fleurbaix et leurs enfants attendent, depuis des années, une piste cyclable, pour permettre à tous, enfants et adultes, de partir en trottinette électrique ou en vélo de manière sécurisée à Armentières afin de prendre le train ou d’accéder aux écoles », déclare- t‑il.
Il déplore au contraire des projets municipaux non écologiques et qui ne répondent pas aux besoins de la commune.
« Ce que j’attends d’un maire,
c’est qu’il fasse des choses efficaces. »
Une électrice de Fleurbaix.
« Un urbanisme maîtrisé »
Le projet de Thierry Brement se décline en six points mais l’une des mesures phares est, selon la Voix du Nord qui a assisté à l’une des présentations de projet de la liste, l’abandon d’un programme de 60 logements.
Une critique donc frontale au maire actuel que partage Anthony. Le fleurbaisien s’offusque face à la bétonisation persistante de son village et l’artificialisation des sols qui font perdre le cadre de vie précieux qu’il était venu chercher.
« Je suis venu dans un village, ce n’est pas pour être dans une ville. Ce que j’attends d’un maire, c’est qu’il fasse des choses efficaces.»
Il reconnaît néanmoins que le maire est incité par l’État à urbaniser davantage afin d’éviter d’avoir à verser une compensation financière.