Étudiants, actifs et retraités se rendront aux urnes les 15 et 22 mars prochains pour les élections municipales. Mais pour les personnes âgées qui vivent en EHPAD, le vote demande parfois davantage d’organisation. Entre démarches administratives, accompagnement et procuration, comment continuer à exercer pleinement son droit de citoyen ?
Au cœur de Bourbourg, commune des Hauts-de-France de plus de 7 000 habitants, la Fondation Schadet-Vercoustre veille à accompagner ses résidents dans cette démarche. Première étape : vérifier l’inscription sur les listes électorales. Tous ne sont pas originaires de la commune. Berthe, ancienne habitante de Looberghe, a ainsi effectué son changement d’adresse rapidement afin de recevoir sa nouvelle carte électorale à temps. L’entrée en EHPAD ne signifie pas la fin de la participation à la vie publique.
S’organiser pour continuer à voter
Ici, voter ne va pas de soi : cela s’organise. Et tout dépend du degré d’autonomie de chacun. À l’accueil, Pauline détaille les dispositifs mis en place. Lorsque c’est nécessaire, l’animatrice peut accompagner certains résidents jusqu’au bureau de vote. Mais les plus autonomes tiennent à s’y rendre par leurs propres moyens. L’établissement, situé en plein centre-ville, facilite les choses. Les familles jouent aussi un rôle clé. « Ce sont souvent les proches qui accompagnent directement », précise Pauline. Pour ceux qui n’ont pas cette possibilité, le CCAS propose un service de transport jusqu’au bureau de vote. Henri, résident autonome, ne transige pas avec ce rituel citoyen : « Pas de procuration pour rien. Je préfère y aller moi- même. » En revanche, pour les résidents en unité protégée ou en perte d’autonomie, la procuration devient essentielle. Elle permet de désigner un proche pour voter en son nom, afin que sa voix continue d’exister.
« Ce sont souvent les proches
qui accompagnent »
Pauline, animatrice en EHPAD
On doit faire son devoir
Les seniors représentent près de 20 % de la population française et figurent parmi les électeurs les plus assidus. Pour beaucoup, se rendre aux urnes relève de l’évidence. « On doit faire son devoir », affirme Berthe, sans hésitation. Didier évoque un droit qu’il serait impensable de laisser de côté : « Puisque j’ai le droit de vote, je m’en sers. » Jean-Marie, lui, élargit la perspective : « Si on veut que le pays avance, il faut s’intéresser à ceux qui nous gouvernent. » En EHPAD, cet intérêt ne faiblit pas. Les résidents continuent de suivre l’actualité et de se sentir concernés. « Ce qui se décide aujourd’hui a des conséquences pour mes proches et pour la ville dans laquelle je vis », souligne Didier. La politique n’est pas un sujet de discussion quotidien, « Chacun garde ses idées pour soi », confie Henri mais l’attention portée à ce qui se passe dans le pays demeure bien présente. En EHPAD comme ailleurs, voter permet de participer et de prendre part aux décisions collectives.