À quelques jours des élections municipales, la question du logement s’impose dans le débat local. La Fondation pour le Logement des Défavorisés dans les Hauts-de-France (anciennement Fondation Abbé Pierre) publie un guide à destination des candidats, pour faire du mal-logement une priorité et rappeler aux futurs maires leurs leviers d’actions et les solutions qui peuvent être mises en place.
Mardi 3 mars, la Fondation pour le logement a dévoilé « Six ans pour lutter contre le mal-logement », un document adressé aux candidats des municipales 2026. Elle souhaite montrer que des réponses existent et que les maires disposent de moyens concrets pour agir. Dans les Hauts-de-France, près de 250 000 foyers attendent un logement social et plus de 400 000 sont touchés par la précarité énergétique.
Un plan d’action pour les candidats
Le guide s’articule autour de quatre priorités concrètes. D’abord construire davantage de logements sociaux et mieux les attribuer. Ensuite, réguler le marché privé : encadrement des loyers, lutte contre les logements vacants, contrôle des meublés touristiques. Autant d’outils pour éviter que les habitants soient évincés des centres-villes. La Fondation appelle aussi à agir contre l’habitat indigne et les passoires énergétiques, qui pèsent sur le budget des ménages modestes. Elle défend une politique du « logement d’abord » pour les personnes sans abri. En multipliant les exemples concrets, le document entend répondre à une question simple que se posent de nombreux élus : que peut-on réellement faire, à l’échelle d’une commune, face à la crise du logement et au mal-logement ? La réponse, insiste la fondation, « dépend moins de la taille du territoire que de la volonté politique et de la coordination des acteurs locaux ».

À Lille, un marché sous tension
À Lille, se loger s’avère souvent très compliqué. Audrey, étudiante, raconte avoir cherché tout l’été avant d’accepter, faute d’alternative, un studio exigu à Villeneuve‑d’Ascq. « Lille est une ville très étudiante donc chercher et trouver un logement abordable à quelques mois de la rentrée scolaire est extrêmement difficile. » La question du logement s’invite aussi dans la campagne municipale, notamment autour de la friche Saint-Sauveur. Lors d’un débat le 19 février, les six principaux candidats ont exposé leurs priorités. Louis Delemer, candidat LR propose la construction de « 12 000 et 16 000 logements accessibles et adaptés à chacun », alors que la ville compte environ 25 000 demandeurs de HLM. De son côté, le candidat PS Arnaud Deslandes, défend le projet prévu à Saint-Sauveur, avec des « typologies de logements variées pour les familles », dont du social et de l’abordable. Pour le maire sortant, « il faut travailler sur des friches déjà artificialisées » pour éviter de construire dans des zones lointaines, souvent agricoles. La Fondation veut dépasser les clivages. En organisant un débat le 5 mars sur les politiques de l’habitat dans la Métropole européenne de Lille, elle entend rappeler que le logement doit rester une priorité.