À l’approche des élections municipales, la commission de contrôle des listes électorales s’est réunie à Pérenchies. Comme dans toutes les communes de France, où la loi impose la tenue d’une telle commission au moins une fois par an, cette instance assure la régularité du fichier électoral, garantissant que chaque voix compte dans un scrutin où le résultat final peut basculer pour une poignée de bulletins.
Dans la salle de réunion de la mairie de Pérenchies, l’ambiance est très studieuse. Autour de la grande table ronde, le silence n’est rompu que par le bruissement sec des feuilles que l’on tourne. On épluche des listes de noms, on vérifie des changements d’adresses et on valide des radiations. Nous sommes au cœur de la commission de contrôle des listes électorales. « C’est une procédure très administrative, mais essentielle car la sincérité du scrutin repose sur ces mécanismes invisibles », confie Sabine Huynh, responsable du pôle relations citoyennes et solidarités.
Un rempart contre les erreurs électorales
Le rôle de cette commission est clair : vérifier que les listes sont à jour et traiter les éventuels recours. À Pérenchies par exemple, le corps électoral est stable mais vivant. Au 19 février 2026, la ville compte 6 544 électeurs, contre 6 560 en décembre dernier. Entre ces deux dates, les services ont géré 184 radiations, principalement dues à des départs de la commune (175 cas) ou à des décès (9 cas).
Mais la commission examine également les mouvements internes. Lors de la séance, une longue litanie de noms défile au rythme des stabilos qui surlignent les registres : des citoyens qui changent simplement de bureau de vote suite à un déménagement au sein même de la commune. « Certains passent du bureau 4 au bureau 2, d’autres du 3 au 5 », précise Philippe Durieu, adjoint au maire à la sécurité, au domaine public et à l’état civil. Ces ajustements techniques, sous l’œil de l’Insee qui procède parfois à des inscriptions ou modifications d’office, permettent d’éviter toute confusion le jour J.

L’enjeu des primo-votants et des ressortissants européens
L’un des moments importants de la commission concerne les jeunes atteignant la majorité. Pour les municipales, la règle est stricte : il faut avoir 18 ans au plus tard la veille du scrutin. « J’ai une électrice née le 15 mars qui ne pourra pas voter au premier tour car elle n’aura pas 18 ans le 14 au soir », explique Sabine Huynh. La responsable n’hésite donc pas à donner un « petit coup de fil » pédagogique pour expliquer ces subtilités et éviter une déception une fois arrivée au bureau de vote.
Par ailleurs, les élections municipales ont cette particularité d’être ouvertes aux ressortissants de l’Union européenne résidant dans la commune. À Pérenchies, plus de 30 citoyens européens sont inscrits sur les listes, notamment des Belges, Espagnols, Italiens et Portugais.
Le passage de relais aux citoyens
Ce minutieux travail administratif prend tout son sens à l’extérieur. Près de l’hôtel de ville, un jeune Pérenchinois de 21 ans s’arrête devant un panneau fraîchement recouvert pour examiner les portraits des deux candidats en lice. Pour lui, ce premier scrutin est un acte symbolique fort. « C’est la première fois que je peux vraiment faire un choix pour l’avenir de ma ville », explique-t-il, fier de savoir que son nom est désormais inscrit sur les registres électoraux.
À Pérenchies, les cartes électorales sont prêtes à être envoyées : le compte à rebours avant le scrutin est lancé.