Nos chers voisins

On connaît leur adresse par cœur, on les reconnaît dans les super­mar­chés et dans la foule des rues com­mer­çantes. Leurs horaires de vie ne sont pas un secret pour nous. En ouvrant la poubelle, on est même en mesure de dire exac­te­ment ce qu’ils ont mangé la veille. Pourtant, en dehors de leurs traits du visage et du bruit que font leurs chaus­sures dans les escaliers, on réalise qu’on ne sait rien d’important sur eux, pas même leur nom complet.

« Ça va faire trois ans que j’habite dans cette rue, je ne connais aucun de mes voisins, pas même celui qui partage mon palier » explique Emma, 31 ans, pro­prié­taire d’un appar­te­ment dans Wazemmes. Quand on y réfléchit, on a tous au moins un voisin, une personne dont l’intimité est à un mur de la nôtre. Mais bien souvent, on ne lui accorde aucune impor­tance, si ce n’est un sourire cordial.

La paren­thèse du Covid

On les croise en coup de vent, sans vraiment y prêter attention. Mais qu’en est-​il quand on est coincé à la maison ? La qua­ran­taine du Covid a contribué à un rap­pro­che­ment chez certains, témoigne Amory, 24 ans, locataire aux Bois-​Blancs : « J’étais bloqué chez moi, je prenais l’air dans la cour inté­rieure et j’ai passé des heures entières avec mes voisins qui sont aujourd’hui des amis. »

Le rap­pro­che­ment forcé a créé du lien et a fait retentir des sonnettes. La sensation de captivité vécue pendant la pandémie a ainsi aidé des personnes comme Amory à se sentir moins seules au sein même de leur immeuble.

Néanmoins, passer ses journées enfermé n’a pas été une occasion de se rap­pro­cher de ses voisins pour tout le monde. Pour certains, c’était même tout le contraire, souligne Sarah, 35 ans, pro­prié­taire à Fives : « Ma voisine a profité du télé­tra­vail pour se mettre à la musique, j’ai passé mes journées à aller toquer chez elle. C’était horrible. »

Une proximité qu’on ne choisit pas

Contrairement à notre quartier, nos amis ou encore nos habitudes ali­men­taires, on ne choisit pas nos voisins. Les relations sont parfois purement inexis­tantes : on ne les voit jamais, ou alors seulement lorsqu’ils sont en train de fermer leur porte. Mais parfois, on pré­fé­re­rait n’avoir aucun lien plutôt qu’un lien conflic­tuel, témoigne Debora, 48 ans, pro­prié­taire dans le centre de Lille : « Les seules conver­sa­tions que j’ai avec ma voisine, ce sont ses remarques désa­gréables sur la façon de garer ma voiture. » 

Malgré ce genre de scénario que personne ne souhaite vivre, être voisin, c’est aussi apprendre à vivre les uns avec les autres sans se marcher dessus. Cette proximité imposée peut aussi se trans­for­mer en une soli­da­rité insoup­çon­née. « Quand je n’arrive pas à porter mes courses, il y a toujours un voisin pour venir m’aider » acquiesce Anne-​Sophie, 72 ans, pro­prié­taire dans le Vieux-​Lille. Entre l’indifférence et les conflits se glissent les petits gestes du quotidien. Il suffit parfois de tenir la porte d’entrée ouverte pour créer du lien.

Un pas vers l’autre, sans franchir la porte

« Un matin en partant trop vite, j’ai oublié mon parapluie. En croisant mon voisin dans la rue, il a insisté pour que je prenne le sien » raconte Louna, 26 ans, locataire dans le quartier de Moulins. Et si une relation de voisinage était une relation facile à entre­te­nir sans avoir à changer ses habitudes ? Une relation que l’on respecte et pour laquelle on fait des efforts anodins comme le souligne Amory : « Je fais toujours attention à laisser la porte de la buanderie ouverte, elle est très lourde et ma voisine n’arrive pas à l’ouvrir seule. »

On ne demande pas à rentrer dans l’intimité de l’autre, on cherche sim­ple­ment à rendre la proximité plus agréable. Sans devenir amis, les voisins peuvent ainsi apprendre à se connaître juste assez pour rendre la vie quo­ti­dienne plus humaine. Car fina­le­ment, être voisin, c’est surtout accepter de vivre à quelques mètres les uns des autres, avec nos habitudes, nos dif­fé­rences et parfois nos désac­cords. Entre la porte que l’on ferme derrière soi et celle que l’on ouvre aux autres, il suffit alors de trouver le juste milieu.

Les géants en quête de sang neuf

Ils défilent au cœur des fêtes populaires, de la...

Avec le festival « Sustain », l’Aéronef repense l’environnement du spectacle

Proposer des spectacles, mais autrement. C’est le pari du...

J’ai testé pour vous : réparer son vélo à moindre coût à Lille, c’est possible !

À Wazemmes, un petit magasin fait office d’atelier d’autoréparation...

Contrepoint n°47

Avec le festival « Sustain », l’Aéronef repense l’environnement du spectacle

Proposer des spectacles, mais autrement. C’est le pari du projet « Sustain », le rendez-vous de l’Aéronef, qui se déroulera du 23 au 27 septembre 2026...

J’ai testé pour vous : réparer son vélo à moindre coût à Lille, c’est possible !

À Wazemmes, un petit magasin fait office d’atelier d’autoréparation participatif et convivial. Chacun peut venir réparer son vélo endommagé pour pas cher  grâce aux...

Quatre moyens de transport durables et acces­sibles aux personnes âgées

Changer ses habitudes de déplacement n’est pas toujours chose aisée, en particulier pour les seniors. Perte d’équilibre, peur de chuter ou difficulté à se...