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    Invendus ali­men­taires : les salariés pourront bientôt en profiter

    Cette année, pour continuer la lutte contre le gas­pillage, le gou­ver­ne­ment veut autoriser les salariés du commerce ali­men­taire à récupérer certains produits non vendus. Une mesure qui devra cohabiter avec les dons, toujours prio­ri­taires, aux associations.

    En 2025, quatre employés de Starbucks à l’aéroport de Marseille ont été licenciés pour « faute grave ». Leur tort ? Avoir distribué des sandwichs invendus à des personnes sans abri, un geste considéré comme un vol par la direction. Au printemps 2026, ce type de décision pourrait pourtant être obsolète. Le 30 janvier, le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé une mesure per­met­tant aux salariés des commerces ali­men­taires de récupérer certains invendus, à condition qu’ils n’aient pas déjà été donnés aux asso­cia­tions. Ces produits ne seraient plus consi­dé­rés comme des avantages en nature. Un plafond annuel de dons par salarié, entre 100 et 500 euros, est envisagé pour garantir une certaine équité.

    Un gas­pillage quotidien dans les grandes surfaces

    Dans les magasins, le gas­pillage est une réalité quo­ti­dienne, même si son ampleur varie selon les enseignes. Julien Herszert, employé poly­va­lent dans un super­mar­ché, voit régu­liè­re­ment des invendus, surtout en frais, fruits et légumes. « Malgré des remises de 50% sur les produits du jour, cela ne suffit pas toujours à les écouler », explique-​t-​il. Son magasin limite les pertes grâce aux paniers « Too Good To Go », mais ne peut pas toujours en vendre. « Il est dommage de jeter des produits alors que beaucoup de gens peinent à remplir leur frigo », se désole-​t-​il. Dans une autre grande surface, Camille Berget, caissière, décrit une orga­ni­sa­tion dif­fé­rente. « On met les produits dans un caddie et une fois par semaine, une asso­cia­tion vient les chercher. »

    Résultat : peu de denrées finissent à la poubelle. La majorité étant donnée, elle se sent moins affectée par ces pertes. Tous deux voient d’un bon œil la mesure annoncée. Pour Julien, « ça ne réglera pas tout, mais ça réduira le volume jeté » et permettra de faire « de vraies économies. » Camille partage cet avis : « Ça peut être un petit plus, nos salaires ne sont pas très élevés. »

    Patrick Mahieu, vice-​président de la FFBA © Patrick Mahieu

    Les asso­cia­tions toujours prioritaires

    Cette ini­tia­tive prolonge la loi Garot de 2016, qui oblige les grandes surfaces à proposer leurs invendus aux asso­cia­tions d’aide ali­men­taire. Avec cette mesure, celles-​ci resteront prio­ri­taires. Du côté des Banques Alimentaires, la pers­pec­tive est accueillie avec prudence. « Nous recevons des invendus tous les jours », explique Patrick Mahieu, vice-​président de la Fédération française des Banques Alimentaires. « Mais on observe une vraie baisse depuis plusieurs années. Les grandes surfaces peuvent revendre leurs invendus à prix très bas : ce sont autant de produits qui ne nous sont plus donnés. » Les produits collectés sont souvent en date courte, « beaucoup de frais, de la viande et du poisson », dont une partie ne peut pas être redis­tri­buée. « Nous n’avons pas le droit de donner certains produits, même emballés. Nous devons alors les jeter. Et de plus en plus arrivent abîmés. Là aussi, nous devons les détruire », regrette-​t-​il. Concernant la future mesure, il reste partagé : « Elle aura sans doute un impact sur la baisse des dons. Mais elle peut aussi aider des salarié en dif­fi­culté. Il faudra trouver un équilibre. » Chaque année en France, environ 300 000 tonnes de nour­ri­ture encore consom­mable sont jetées.

    Un avantage en nature, c’est quoi ?

    Un avantage en nature est un bien ou un service fourni par l’employeur et que le salarié utilise gra­tui­te­ment ou à prix réduit. Cela peut concerner les repas, logements, moyens de transport, etc. Ces avantages en nature sont comptés comme du salaire et sont soumis à des coti­sa­tions. 

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