Municipales à Calais : le mystère Jean-​Luc Lefebvre enfin dévoilé

Mulet long et moustache fournie, un drôle de per­son­nage est apparu dans le paysage politique calaisien pour les muni­ci­pales. Ses publi­ca­tions se mul­ti­plient de jour en jour sur Facebook et Jean-​Luc Lefebvre gagne du terrain auprès des Calaisiens.

À Calais, ville disputée par plusieurs candidats pour les muni­ci­pales, Jean-​Luc Lefebvre ne passe pas inaperçu. Avec sa coupe de cheveux et ses t‑shirts à l’effigie de Johnny Hallyday, il a annoncé sa can­di­da­ture en janvier dernier. Le quin­qua­gé­naire multiplie ses publi­ca­tions sur Facebook avec des phrases chocs. Mais derrière ces clichés et ces blagues se cache un couple. Enseignante dans le premier degré et res­pon­sable dans la com­mu­ni­ca­tion, tous les deux ont voulu aborder les muni­ci­pales avec rires et humour : « On anime la page Facebook de Calais Faits divers. Pour les muni­ci­pales, l’idée nous est venue de créer un per­son­nage fictif aux muni­ci­pales et d’entrer dans la dérision » explique avec des yeux rieurs la pro­fes­seur des écoles.

Représentation masculine : une idée bien pensée

Derrière ce per­son­nage humo­ris­tique et très cliché de l’homme viril, peu de gens savent qu’une femme est en partie la créatrice de ce per­son­nage fictif : « Personne ne parie sur une femme derrière le compte. On pourrait penser qu’il a un avis tranché sur la gent féminine mais pas du tout ! » Jean-​Luc Lefevre se moque des deux prin­ci­paux candidats à Calais, mais toujours avec douceur : « On ne veut brusquer personne. Mais on reprend parfois des actua­li­tés locales qu’ont relayées Natacha Bouchart ou Marc de Fleurian. Par exemple, on a fait une publi­ca­tion après la volonté de Marc de Fleurian de rendre les bus payants pour les migrants. » Pour le couple, créer des publi­ca­tions engagées ne sert à rien : l’impact n’est pas le même « Les posts politisés ne fonc­tionnent jamais, alors on fait dans la douceur. » Purs Calaisiens, ils s’ins­pirent aussi de ce qu’il se passe dans leur ville pour inventer bon nombre de publi­ca­tions, notamment avec la foire d’hiver ou encore avec le facteur ivre n’ayant pas pu terminer sa tournée : « On souhaite que le per­son­nage reste local pour toucher le plus de Calaisiens possible. Mais par chance, les publi­ca­tions sont regardées en dehors de Calais, parfois même jusque Lille ! »

Un projet secret

Derrière ces plai­san­te­ries, le duo reven­dique l’a­no­ny­mat et ne veut en aucun cas être découvert. La raison : « Une fois que les gens savent qui se cachent derrière, c’est beaucoup moins drôle » avoue le res­pon­sable de com­mu­ni­ca­tion. Sa compagne va même plus loin. Être anonyme permet plus de liberté. Leur but avant tout est de créer du lien social avec le plus de gens possible : « On se rend compte qu’on a des choses en commun avec ceux qui regardent les publi­ca­tions. On a presque envie de les ren­con­trer. » Après la fin des muni­ci­pales, Jean-​Luc Lefebvre prendra un peu de repos pour partir en vacances. Les créateurs du moustachu envi­sagent même un avenir pré­si­den­tiel pour la campagne de 2027, toujours dans l’humour et le respect.

À Paris, l’accueil des réfugiés passe aussi par la culture

Dans un contexte marqué par la guerre et les...

La diaspora colom­bienne vote à Paris pour trans­for­mer son pays

À des milliers de kilomètres de Bogota, des Colombiens...

Paula Martinez Takegami : le corps comme lieu de lutte et de résilience

À Paris, loin de la Colombie, elle soigne et...

Contrepoint n°46

La diaspora colom­bienne vote à Paris pour trans­for­mer son pays

À des milliers de kilomètres de Bogota, des Colombiens à Paris feront entendre leur voix lors de l’élection présidentielle le 31 mai prochain. le...

« Il accumule, il dépossède, il extorque » : en Seine-​Saint-​Denis, des exilés témoignent

À l’occasion de la Semaine anticoloniale et antiraciste, des militants et chercheurs venus d’Afrique et de sa diaspora se sont retrouvés en Seine-Saint-Denis pour...