Redonner espoir aux malades, le combat d’une asso­cia­tion pour trouver des bénévoles

En 2023, 433 136 nouveaux cas de cancer ont été détectés en France. Cette aug­men­ta­tion pose la question du soutien des malades pendant leur conva­les­cence. L’accompagnement est un enjeu clé. Les victimes du cancer ont souvent besoin de vie autour d’elles pour garder espoir. C’est l’objectif de l’association Lourdes Cancer Espérance qui accom­pagne dans les hôpitaux les personnes atteintes du cancer afin qu’elles gardent espoir.

Cependant, le manque de bénévoles se fait sentir et empêche de mettre en place les projets d’accompagnement de l’association.

En France en 2025, 12 millions de personnes par­ti­cipent à une activité bénévole au sein d’une asso­cia­tion selon France Bénévolat. Son 6ème Baromètre du Bénévolat publié, en mars 2025, révèle que 21% de la popu­la­tion française de 15 ans et plus s’engage dans le monde asso­cia­tif, en par­ti­cu­lier dans le temps long. Le bénévolat n’est pas un phénomène de « zapping » car les bénévoles français sont carac­té­ri­sés par une grande fidélité. Une tendance nationale qui cache cependant de fortes dis­pa­ri­tés. C’est ce que remarque Lourdes Cancer Espérance dans le dépar­te­ment du Nord.

L’association existe depuis main­te­nant 41 ans et lutte contre l’isolement des malades. Elle œuvre aussi pour soutenir les accom­pa­gnants et les soignants qui vivent au quotidien avec eux. Ainsi, le projet phare de l’association est le pèle­ri­nage annuel de septembre en direction de Lourdes. Les personnes atteintes qui peuvent faire ce voyage sont alors accom­pa­gnées afin de vivre cette expé­rience col­lec­tive pour garder espoir.

Peu de bénévoles

Si cet évènement est très bien organisé, le manque de bénévoles ne permet pas toujours à l’association d’assurer un accom­pa­gne­ment constant aux malades. C’est le cas à Lille où le délégué Nord de Lourdes Cancer Espérance, le docteur Damien Duquesne, peine à trouver des bénévoles. « On maintient le lien avec les malades par des visites et des ren­contres avec des personnes guéries mais cela est peu développé dans notre dépar­te­ment. » Il ajoute alors : « Sur 9000 personnes qui par­ti­cipent au pèle­ri­nage chaque année, la délé­ga­tion du Nord n’est composée que d’une vingtaine de membres. »

Depuis qu’il a repris la direction de la délé­ga­tion du Nord il y a deux ans, le docteur Damien Duquesne cherche des bénévoles. Il s’est tourné vers les membres du diocèse de Lille mais aussi dans tout autre horizon pour construire son équipe de bénévoles : « Le lien psy­cho­lo­gique est fon­da­men­tal dans la bataille contre la maladie, il ne remplace pas les soins médicaux mais il permet de redonner courage aux malades donc il faut des bénévoles pour les aider. Et aider aussi les aidants et les soignants. »

De nouveaux projets d’accompagnement

« Nous n’avons pas besoin de finan­ce­ment mais sim­ple­ment des personnes qui auraient la volonté et le plaisir de s’engager pour l’association afin de mettre en place de nouveaux projets. » Le pèle­ri­nage est très bien organisé mais, pour le médecin, l’association peut être encore plus proche des patients. C’est ce qu’il veut faire avec ce qu’il appelle les livres-​aidants. « J’aimerais créer, dans les struc­tures hos­pi­ta­lières, des ren­contres où les personnes guéries pour­raient venir témoigner en conseillant des livres qui les ont aidés dans le combat contre le cancer. »

Pour accom­pa­gner les malades, il faut une équipe soudée ©freepik

Aller encore plus loin pour soulager la douleur et faire en sorte que les années de lutte se passent mieux : c’est l’ambition de l’association. « On pourrait même faire de ces témoi­gnages des podcasts mais pour cela il faut des bénévoles. Or pour l’instant nous ne sommes que deux, ce qui n’est pas assez pour construire une équipe qui mettrait en place ces projets. » Une idée qui pourrait avoir une ampleur nationale car elle intéresse le président de l’association : Pierre Haab.

S’engager dans le monde asso­cia­tif est une décision impor­tante mais comme l’a précisé Damien Duquesne : « Un enga­ge­ment même flexible est déjà un grand pas. » Passer la porte d’une asso­cia­tion au moins une fois peut faire la dif­fé­rence. Comme quoi, il ne faut parfois pas grand-​chose pour aider quelqu’un.

Contacter l’association à Lille :

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