À Lille, la ferme urbaine Concorde accueille et forme les habitants du quartier

Depuis 2023, la ferme urbaine Concorde à Lille fleurit au milieu du bitume, en rendant acces­sible au plus grand nombre une agri­cul­ture bio de proximité. En plus des paniers de légumes soli­daires, la structure accom­pagne et forme les habitants du quartier au métier de maraîcher.

Nichée entre le péri­phé­rique et les barres de logements du Faubourg de Béthune, la ferme urbaine Concorde se méta­mor­phose au gré des saisons. Implantée dans le quartier le plus isolé du reste de la ville, la structure offre une bouffée d’air frais aux habitants, tout en proposant à la vente des légumes bio en circuit court.

Sensibiliser à l’a­gri­cul­ture urbaine

Depuis quatre ans, la ferme urbaine Concorde, ancrée dans la vie de quartier, sen­si­bi­lise les habitants à l’agriculture urbaine. « Nous ne sommes pas un bout du monde isolé, au contraire, nous faisons partie d’un tout » précise Julien Ferdinand, maraîcher à la ferme. Le projet chapeauté par la ville, fait partie du programme de renou­vel­le­ment urbain débuté en 2021. Il englobe plusieurs aspects de l’économie sociale et solidaire : structure de réin­ser­tion, vente de paniers de légumes soli­daires en circuit court, et animation d’ateliers. « Le concept est de créer une espèce de « niche » à l’intérieur de la ville, dans laquelle on peut exploiter des produits locaux et bio­lo­giques pour le quartier » explique le salarié. En contact direct avec les habitants, il ajoute : « On essaye de trans­for­mer les mentalités ». 

Les par­ti­ci­pants de l’a­ni­ma­tion du 25 février confec­tionnent des boules de graisse pour nourrir les oiseaux. ©Agathe Barbot

Une structure créatrice d’emploi

La ferme urbaine compte six à sept salariés. « Beaucoup d’énergies tournent autour de ce projet, que ce soit la ville, les habitants ou bien les personnes qui se réin­sèrent » affirme Julien Ferdinand. La structure accom­pagne ainsi les personnes qui sou­haitent se réinsérer sur le marché du travail en leur apprenant, notamment, le métier de maraîcher, et ce, jusqu’à trois jours par semaine. Plutôt que de demander certains pré-​requis, la structure attend des candidats qu’ils aient un projet à construire à côté. Par exemple, Julien Ferdinand, arrivé seulement il y a quelques mois, profite de cette expé­rience pour déve­lop­per ses com­pé­tences en pho­to­gra­phie et en vidéo. Le quin­qua­gé­naire s’est lancé dans le déve­lop­pe­ment des réseaux sociaux de la ferme afin de pro­mou­voir le projet sur la Toile. « Il n’y a pas besoin de connaître le métier pour bosser ici, on apprend sur le tas » affirme-t-il.

Deux sachets de légumes fraî­che­ment récoltés sont posés sur un établi sous la serre. ©Agathe Barbot

Un projet qui « brasse du monde »

La structure accueille également sur des temps plus courts une multitude d’acteurs aux objectifs variés. Les « engagés » sont de passage à la ferme pour quelques mois seulement. Sarah, 20 ans, est inscrite à la mission locale et travaille 24 h par semaine. En attendant de trouver une formation d’aide-soignante, elle entre­tient les jardins de Lille Sud, et donne un coup de main à Concorde le mercredi, pour l’ouverture de la ferme au public. De son côté, Ouiza est stagiaire pour un mois dans la structure. Cette mère de famille suit une formation d’encadrement d’insertion via Pôle emploi depuis quelques semaines, et ne cache pas son sou­la­ge­ment : « Je n’arrêtais pas de chercher ! ».

« Ce sont des gens de la ville qui viennent apprendre quelque chose parmi nous, puis repartent découvrir autre chose ailleurs » termine Julien Ferdinand.

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