Au lendemain du premier tour des élections municipale, l’écologiste Stéphane Baly a annoncé la fusion de sa liste avec celle du maire sortant socialiste Arnaud Deslandes. Une décision stratégique qui va peser lourd dans le second tour face à la candidate de La France insoumise. Ce choix, à contre-courant de certaines alliances observées ailleurs en France, suscite débats et réactions.
Arrivé troisième au premier tour avec 17,75 % des voix, derrière le socialiste Arnaud Deslandes (26,26 %) et la candidate insoumise Lahouaria Addouche (23,36 %), Stéphane Baly s’est rapidement trouvé en position d’arbitre du scrutin dimanche prochain. Dans un paysage politique fragmenté où cinq listes peuvent se maintenir, l’écologiste détenait une carte essentielle pour le second tour. Après plusieurs heures de négociations, et malgré les spéculations autour d’un possible accord avec LFI, il a finalement opté pour une fusion de sa liste avec celle du maire sortant. Une alliance présentée comme un moyen de « construire une majorité de progrès. »
La décision n’est pas anodine. En 2020, Stéphane Baly avait frôlé la victoire face à la maire socialiste Martine Aubry. Six ans plus tard, son ralliement à Arnaud Deslandes pourrait permettre au camp socialiste de conserver la mairie de Lille, dans une élection particulièrement ouverte. Le choix lillois contraste avec certaines stratégies observées dans d’autres villes lors de ces municipales 2026. À Lyon par exemple, le maire écologiste sortant a conclu un accord avec la liste de La France insoumise. Dans d’autres territoires, des rapprochements similaires ont également vu le jour. À Clermont-Ferrand ou à Brest, des listes socialistes ont fusionné avec celles de LFI afin de constituer des fronts communs face à la droite ou à l’extrême droite.
À Lille, au contraire, les écologistes ont choisi de s’allier avec le Parti socialiste plutôt qu’avec les insoumis. Un choix qui reflète les équilibres locaux mais aussi les tensions persistantes au sein de la gauche française autour de la stratégie à adopter face au parti politique dirigé par Jean-Luc Mélenchon.
Un choix qui divise
Dans les rues lilloises, cette décision suscite des réactions. Pour Julien, étudiant engagé, cette alliance est avant tout pragmatique : « Les électeurs attendent un rassemblement de la gauche pour gouverner. Avec Arnaud Deslandes, il y a une base programmatique commune sur la transition écologique et les mobilités. C’était la solution la plus crédible. »
À l’inverse, Claire, regrette un choix qu’elle juge politique : « Les écologistes avaient l’occasion de construire une nouvelle dynamique avec La France insoumise. En se ralliant au PS, ils prolongent un système municipal déjà en place depuis des décennies. »
À quelques jours du second tour, cette association illustre les recompositions en cours au sein de la gauche française. Entre stratégie de rassemblement autour des socialistes et rapprochement avec les insoumis, chaque ville décide de tracer sa propre voie. À Lille, le pari de Stéphane Baly pourrait bien déterminer l’identité du prochain maire.