La lutte contre le cancer : plus qu’un combat, un devoir

Alors qu’en France une femme sur huit est sus­cep­tible de déve­lop­per un cancer du sein au cours de sa vie, mieux com­prendre la maladie et ses enjeux reste essentiel. À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’UFR3S de l’Université de Lille a organisé une rencontre avec le pro­fes­seur Éric Lartigau, directeur du centre de lutte contre le cancer Oscar Lambret et membre de l’Académie nationale de médecine. 

433 136 : c’est le nombre approxi­ma­tif de personnes diag­nos­ti­quées d’un cancer chaque année en France. Le cancer n’est plus seulement une maladie, il est véri­ta­ble­ment devenu une « maladie de société ». En 2003, l’ancien Président de la République, Jacques Chirac, lançait le premier Plan cancer. Ce programme a révo­lu­tionné la lutte contre la maladie en ren­for­çant la défense de la recherche et en amé­lio­rant les condi­tions de vie des patients. Son combat a dépassé les fron­tières fran­çaises et a inspiré de nombreux pays.

Une rupture s’est alors opérée : il ne s’agissait plus seulement de soigner la maladie mais de la combattre col­lec­ti­ve­ment. Le cancer ne concerne plus uni­que­ment le secteur de la santé, il a des impacts socio-​économiques notables. L’un des tournants majeurs a été l’é­vo­lu­tion de la prise de décisions médicales. Autrefois largement uni­la­té­rales, elles intègrent désormais davantage le patient. Depuis la loi dite Kouchner du 4 mars 2002, le patient est placé au cœur du dis­po­si­tif. On parle désormais de décision partagée et de multidisciplinarité.

Un parcours de soin personnalisé

« Je confirme que le patient a une vraie place ». Les mots prononcés par une femme ayant été atteinte d’un cancer du sein, présente lors de la confé­rence, illus­trent cette évolution. Éric Lartigau en est conscient, il peut être difficile pour les patients de com­prendre leur diag­nos­tic et les soins qui vont leur être apportés. Les termes médicaux peuvent être complexes et les étapes du parcours de soins parfois dif­fi­ciles à appréhender.

Le pro­fes­seur croit toutefois en l’évolution de ces pratiques. Les patients reçoivent aujourd’hui des expli­ca­tions tout au long de leur prise en charge et peuvent accéder à l’ensemble de leur dossier médical. Cette trans­pa­rence permet de renforcer la confiance entre patients et pro­fes­sion­nels de santé. La même inter­ve­nante reconnaît cependant qu’il reste parfois difficile d’in­ter­pré­ter le langage médical des médecins : « On ne comprend pas grand-​chose », confie-t-elle.

Pour Éric Lartigau, cette évolution constitue une véritable révo­lu­tion : le patient est désormais acteur de sa prise en charge. Les décisions impor­tantes sont discutées col­lec­ti­ve­ment entre les dif­fé­rents pro­fes­sion­nels de santé et le patient lui-​même, afin d’adapter au mieux le trai­te­ment à sa situation. Les décisions uni­la­té­rales appa­raissent désormais inadap­tées, selon lui, et la can­cé­ro­lo­gie a ainsi connu un chan­ge­ment rapide au bénéfice des patients.

Pour le futur : un enjeu de citoyenneté

Pour le pro­fes­seur, un défi majeur demeure : plus un cancer est diag­nos­ti­qué tôt, plus les chances de guérison sont élevées et les séquelles limitées. Dépisté pré­co­ce­ment, le cancer du sein est guéri dans neuf cas sur dix. Pourtant, moins d’une femme sur deux participe au dépistage organisé.

Il regrette également la diffusion de fausses infor­ma­tions sur les réseaux sociaux et rappelle qu’il n’existe pas d’alternative au dépistage et à la pré­ven­tion. « Le cancer se combat par la pré­ven­tion, le dépistage précoce, puis les soins », insiste-​t-​il. Un constat partagé par un inter­ve­nant qui souligne : « Nos citoyens ne sont pas assez deman­deurs de santé ».

Outre le dépistage, la pré­ven­tion constitue un levier essentiel dans la lutte contre le cancer. Tabac, alcool, mauvaise nutrition et séden­ta­rité sont autant de facteurs de risque. Éric Lartigau insiste sur l’importance de la nutrition, notamment dans la région des Hauts-​de-​France, ainsi que sur la séden­ta­rité, qu’il considère comme des facteurs de risque importants.

L’IA a de la concur­rence : l’intelligence humaine a déchiffré une langue disparue

Le déchiffrement de l’élamite linéaire par François Desset marque...

Un quotidien han­di­ca­pant et des douleurs omni­pré­sentes : le combat de Célia

En France, deux millions de femmes sont atteintes d'endométriose,...

Au cœur de Gambetta, la passion avant tout

Face aux grandes surfaces, les commerces de bouche doivent...

Contrepoint n°45

L’IA a de la concur­rence : l’intelligence humaine a déchiffré une langue disparue

Le déchiffrement de l’élamite linéaire par François Desset marque une avancée majeure dans la compréhension de l’Iran antique. Une découverte qui éclaire une civilisation...

Un quotidien han­di­ca­pant et des douleurs omni­pré­sentes : le combat de Célia

En France, deux millions de femmes sont atteintes d'endométriose, soit une personne sur dix. Pourtant, le diagnostic reste souvent compliqué. À l’occasion de la...

Face au gas­pillage du matériel médical, la solution du reconditionné

Alors qu’une grande partie du matériel médical finit inutilement à la poubelle, une entreprise nordiste a peut-être trouvé une solution pour faire face au...