Depuis 2023, la ferme urbaine Concorde à Lille fleurit au milieu du bitume, en rendant accessible au plus grand nombre une agriculture bio de proximité. En plus des paniers de légumes solidaires, la structure accompagne et forme les habitants du quartier au métier de maraîcher.
Nichée entre le périphérique et les barres de logements du Faubourg de Béthune, la ferme urbaine Concorde se métamorphose au gré des saisons. Implantée dans le quartier le plus isolé du reste de la ville, la structure offre une bouffée d’air frais aux habitants, tout en proposant à la vente des légumes bio en circuit court.
Sensibiliser à l’agriculture urbaine
Depuis quatre ans, la ferme urbaine Concorde, ancrée dans la vie de quartier, sensibilise les habitants à l’agriculture urbaine. « Nous ne sommes pas un bout du monde isolé, au contraire, nous faisons partie d’un tout » précise Julien Ferdinand, maraîcher à la ferme. Le projet chapeauté par la ville, fait partie du programme de renouvellement urbain débuté en 2021. Il englobe plusieurs aspects de l’économie sociale et solidaire : structure de réinsertion, vente de paniers de légumes solidaires en circuit court, et animation d’ateliers. « Le concept est de créer une espèce de « niche » à l’intérieur de la ville, dans laquelle on peut exploiter des produits locaux et biologiques pour le quartier » explique le salarié. En contact direct avec les habitants, il ajoute : « On essaye de transformer les mentalités ».

Une structure créatrice d’emploi
La ferme urbaine compte six à sept salariés. « Beaucoup d’énergies tournent autour de ce projet, que ce soit la ville, les habitants ou bien les personnes qui se réinsèrent » affirme Julien Ferdinand. La structure accompagne ainsi les personnes qui souhaitent se réinsérer sur le marché du travail en leur apprenant, notamment, le métier de maraîcher, et ce, jusqu’à trois jours par semaine. Plutôt que de demander certains pré-requis, la structure attend des candidats qu’ils aient un projet à construire à côté. Par exemple, Julien Ferdinand, arrivé seulement il y a quelques mois, profite de cette expérience pour développer ses compétences en photographie et en vidéo. Le quinquagénaire s’est lancé dans le développement des réseaux sociaux de la ferme afin de promouvoir le projet sur la Toile. « Il n’y a pas besoin de connaître le métier pour bosser ici, on apprend sur le tas » affirme-t-il.

Un projet qui « brasse du monde »
La structure accueille également sur des temps plus courts une multitude d’acteurs aux objectifs variés. Les « engagés » sont de passage à la ferme pour quelques mois seulement. Sarah, 20 ans, est inscrite à la mission locale et travaille 24 h par semaine. En attendant de trouver une formation d’aide-soignante, elle entretient les jardins de Lille Sud, et donne un coup de main à Concorde le mercredi, pour l’ouverture de la ferme au public. De son côté, Ouiza est stagiaire pour un mois dans la structure. Cette mère de famille suit une formation d’encadrement d’insertion via Pôle emploi depuis quelques semaines, et ne cache pas son soulagement : « Je n’arrêtais pas de chercher ! ».
« Ce sont des gens de la ville qui viennent apprendre quelque chose parmi nous, puis repartent découvrir autre chose ailleurs » termine Julien Ferdinand.