C’est un seuil symbolique qui vient d’être franchi. Pour la première fois depuis près de 80 ans, les Hauts-de-France enregistrent plus de décès que de naissances. Une rupture démographique majeure, qui inscrit la région dans une dynamique nationale de vieillissement accéléré.
Selon les dernières données de l’Insee, l’année 2025 marque un tournant : la hausse du nombre de décès, combinée à la chute continue des naissances, fait basculer le solde naturel dans le négatif. Un phénomène inédit à l’échelle régionale depuis l’après-guerre, et qui met fin à des décennies d’excédent démographique.
Jusqu’ici, la région résistait. En 2024 encore, les naissances restaient légèrement supérieures aux décès, avec environ 59 000 bébés pour 57 000 morts.
Mais cet équilibre était déjà fragile : en vingt ans, l’excédent naturel a été divisé par plus de dix.
Une mécanique démographique implacable
Deux tendances lourdes expliquent ce basculement. D’un côté, la natalité s’effondre. Depuis 2010, le nombre de naissances a chuté de plus de 30 % dans la région.
En cause : une baisse de la fécondité, mais aussi une diminution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. De l’autre, la mortalité repart à la hausse. Après un recul post-Covid, le nombre de décès augmente à nouveau en 2025. Ce phénomène s’explique principalement par l’arrivée à des âges élevés des générations du baby-boom, plus nombreuses. Autrement dit, moins de naissances et plus de personnes âgées : la bascule était inévitable.
Une région qui rejoint une tendance nationale
Ce basculement ne concerne pas que les Hauts-de-France.
À l’échelle du pays, 2025 est aussi une année charnière : pour la première fois depuis 1945, la France enregistre plus de décès que de naissances. Les Hauts-de-France, longtemps caractérisés par une population plus jeune et une fécondité plus élevée que la moyenne, rattrapent désormais la trajectoire nationale.
Vers un déclin durable ?
Ce retournement démographique n’est pas un accident conjoncturel.
Il s’inscrit dans une tendance de fond : vieillissement de la population, recul durable de la natalité, transformation des structures familiales. Sans apport de population extérieure, ce basculement pourrait marquer le début d’une phase de déclin démographique durable.