Deux boutiques, deux visions du vintage de luxe

Du vintage de col­lec­tion à la seconde main exigeante, certaines boutiques pari­siennes concen­trés au Marais, affirment leur identité à travers une sélection pointue et un rapport par­ti­cu­lier au vêtement.

Avec plus de 300 friperies recensées dans Paris, le vintage ne se limite plus aux vêtements oubliés des garde-​robes. Entre pièces de col­lec­tion et seconde main soi­gneu­se­ment sélec­tion­née, chaque boutique développe sa vision : l’une mise sur l’histoire et le luxe, l’autre sur qualité et acces­si­bi­lité, révélant les multiples visages d’un marché en pleine structuration.

Le vintage comme pièce de collection

Derrière la vitrine épurée de sa boutique éphémère au 82 rue de Turenne, Aesteja déambule entre les portants avec une assurance tran­quille. Pour elle, chaque pièce est plus qu’un vêtement : un fragment d’histoire, une création que l’on peut porter. « Le vintage, c’est des pièces qu’on ne trouve plus aujourd’hui, parfois nées sous la main de grands cou­tu­riers comme Yves Saint Laurent ou Christian Dior. » La sélection, elle la fait au feeling. Qualité, design, rareté : chaque pièce doit justifier sa présence. Les prix le reflètent de 150 à 800 euros pour la plupart des vêtements, certains sacs Chanel pouvant atteindre 4 000 euros. « Ce n’est pas seulement une question de prix, c’est un inves­tis­se­ment », dit-​elle. Mais pour Aesteja, la boutique ne se résume pas à la vente. « Ce qui m’importe autant que les pièces, c’est l’expérience que je propose. Les gens se sentent accom­pa­gnés, et souvent, ils repartent enchantés. »
Aesteja, propose dans sa boutique éphémère des pièces de grandes maisons, entre 150 et 4 000 euros. ©J.De Sa

Une seconde main exigeante mais accessible

À quelques rues de là, au 134 rue du temple, la démarche de Chezfrederique est dif­fé­rente, mais procède du même souci d’exigence. Salomé Peneau, alter­nante depuis septembre dans la boutique, tient à clarifier une confusion fréquente : « Il y a souvent un mal­en­tendu entre vintage et seconde main. Le vintage, c’est vraiment plus de vingt ans. Ici, on travaille surtout sur de la seconde main. » La marque ne vise pas le luxe pur, « tu ne trouveras jamais des Louboutins ici », mais mise sur la qualité des matières et la per­ti­nence du style, avec des prix allant de 18 à 200 euros. Surtout, chaque pièce est sélec­tion­née indi­vi­duel­le­ment, chinée en Normandie. « On ne prend pas de ballots de vêtements. Chaque pièce mérite d’être là. »
Salomé Peneau, sélec­tionne chaque pièce à la main, pour sa coupe
et la qualité de ses matières. ©J.De Sa
Le bon plan vintage
Chez Bam’s, un sac Louis Vuitton peut se trouver à 500 € en parfait état. Chez Selection, cla­quettes et t‑shirts Balenciaga, à quelques centaines d’euros, se trouvent en grande quantité. Des pièces d’archives y sont également librement proposées à la vente.
Bam’s : 9 Rue Tiquetonne, 75002 Paris.
Selection : 26 Rue de Poitou, 75003 Paris.

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