À Pérenchies, de profondes fissures menacent la maison de Stéphanie et Stéphane, contraints d’envisager un départ. Comme plus de 12 millions d’habitations en France, leur logement subit les effets du retrait-gonflement des argiles, un phénomène aggravé par les sécheresses à répétition et source d’inquiétude croissante pour les propriétaires.
Lorsqu’on arrive devant leur maison, les murs en briques rouges semblent intacts. Mais c’est en s’approchant que l’on découvre l’ampleur des fissures. Stéphanie et Stéphane, un couple propriétaire d’une maison à Pérenchies, font face au phénomène des maisons fissurées, une situation loin d’être sans danger : « On s’est aperçu que notre mur était tout fissuré. Ça a commencé par le haut, puis c’est descendu et toute la façade s’est couverte de fissures », nous explique Stéphane. Les fissures sont telles que, lorsque Stéphane nous les montre en glissant son index entre les briques, elles ont la largeur de son doigt. Elles envahissent la maison au point de rendre difficile la fermeture des volets : « On a peur, ça peut s’effondrer. Et avec un enfant, il faut vite penser à un relogement et à des travaux », confie Stéphanie, inquiète.
Aujourd’hui, le couple envisage de mettre en vente leur maison, un bien acquis pour 330 000 euros : « On pense la mettre en vente. On a eu peur, ça aurait pu aller encore plus vite et s’effondrer. Et puis, avec un enfant, il faut penser à une solution de relogement et à des travaux ». Après plusieurs expertises visant à définir les travaux à engager, le couple a obtenu le feu vert. Vivant dans une commune reconnue en état de catastrophe naturelle, ils peuvent désormais entamer les réparations.
Un phénomène lié aux sols argileux
La cause ? Le sous-sol argileux sur lequel la maison est construite. Les sols argileux, très sensibles aux variations d’humidité, se dilatent lorsqu’il pleut se contractent lors des périodes de sécheresse. Les habitations bâties sur ces terrains sont particulièrement exposées au retrait-gonflement des argiles, un phénomène accentué par le réchauffement climatique et la succession d’épisodes de sécheresse intenses. Conséquence : les fondations des maisons en deviennent instables. En France, ce phénomène touche plus de 12 millions d’habitations.
Des solutions existent
Pour renforcer les fondations, de plus en plus de propriétaires ont recours à l’injection de résine à plus de trois mètres sous le sol. Cette résine, aussi résistante que du béton, permet de stabiliser les mouvements de terrain sous la maison. Des travaux efficaces et de courte durée : « Avant, on utilisait la technique du micropieu, le chantier qui pouvait durer un mois. Maintenant, avec la résine, les travaux ne prennent que quelques jours », explique Marc Romao, responsable d’exploitation chez Accessol.
Le coût de ces travaux s’élève à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Les assurances peuvent prendre en charge les travaux, mais seulement si la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle par un arrêté. Enfin, autre solution : c’est l’installation d’écrans d’acier sous terre pour bloquer les racines et limiter les mouvements du terrain.