À Paris, les institutions sont nombreuses à rayonner par leur richesse culturelle. Parmi elles, la mythique monnaie de Paris s’impose comme un véritable symbole d’excellence et de tradition. Mais une fois la pièce lancée, révèle-t-elle un côté pile, fort d’un héritage français, et un côté face, incarnant une présence internationale ?
Ce gigantesque bâtiment trône sur la rive gauche de la Seine depuis des siècles. À deux pas de la Cathédrale Notre-Dame, la Monnaie de Paris est l’un des plus anciens établissement français. Fondée en 864, elle y fabrique la monnaie nationale, des pièces de collection et œuvres d’art. Véritable écrin de savoir-faire, elle perpétue des techniques artisanales d’exception tout en s’ouvrant à la création. Reste à savoir si cet héritage parvient aujourd’hui à se réinventer et à rayonner pleinement sur la scène internationale.
On a visité pour vous
Pour tenter de répondre à cette question, il fallait se rendre sur place. Descendez à la station Pont des Arts. En traversant le pont, la façade de la Monnaie de Paris se dévoile déjà. Après le portique de sécurité et la file d’attente, une cour sous les pavés ensoleillés accueille les visiteurs. À droite, le musée, réparti sur une dizaine de salles, retrace l’histoire de la Monnaie et offre une vue sur les ateliers à travers de larges baies vitrées. Le public y est international. Français, Anglais, Baltes ou Asiatiques se croisent dans les allées. Pour m’orienter, un agent de sécurité m’a dirigé vers la boutique, impressionnante et parfois intimidante avec ses salles de vente privées. On y découvre pièces de collection, monnaies françaises et étrangères. Au détour d’une conversation, un vendeur m’explique : « L’internationalisation de la Monnaie s’est manifestée lors d’événements comme les Jeux Olympiques de Paris 2024. Chaque médaille était fabriquée ici. Cela a suscité un vif engouement. La Monnaie de Paris a également développé son activité à l’étranger grâce à la frappe de monnaies étrangères, comme le souligne un rapport de la Cour des comptes. »

Pour aller plus loin
Pour approfondir cette dimension internationale, Pablo Cruz-Lara, chargé des relations presse et partenariats à la Monnaie de Paris, explique que le premier défi est de se faire connaître : « Malgré nos 1200 ans d’histoire, notre rôle reste encore méconnu. Il faut d’abord que la presse nous identifie, puis elle découvre nos savoir-faire, notre esprit d’excellence et les histoires fascinantes derrière nos murs. » L’internationalisation passe aussi par les partenariats et les collections thématiques. « Nous collaborons avec des licences variées, du Louvre à Naruto, en passant par Lancôme. Cela nous permet de toucher de nouveaux publics et de montrer que la numismatique peut être plurielle et accessible à tous », explique Cruz- Lara. Chaque pièce vendue à l’étranger transporte un peu de l’histoire et du talent des artisans français. Un exemple frappant est la collection événement conçue pour la réouverture de Notre-Dame de Paris en 2024. Les monnaies de la gamme, dont la pièce de 1 kg en or pur et émaillée, ont trouvé des acheteurs sur plusieurs continents. « Cette pièce ressemble à une cathédrale et dit regardez ce dont nous sommes capables ! », souligne Cruz-Lara.