Sous l’effet des tensions géopolitiques et de la hausse des coûts de l’énergie, les prix des engrais sont à la hausse. Une situation qui pèse lourdement sur les exploitations agricoles et pousse la profession à réclamer de nouvelles aides publiques.
Comme bon nombre de produits, le prix des engrais reste étroitement lié aux conflits et aux crises énergétiques. La production d’engrais azotés étant fortement dépendante du gaz naturel, quand les tarifs de ce dernier sont perturbés comme c’est le cas depuis le début des tensions internationales, les tarifs des engrais en subissent les conséquences. Lorsque le coût de l’énergie augmente, celui des intrants agricoles suit automatiquement.
Les routes maritimes jouent également un rôle crucial. Une part importante du commerce mondial d’urée (engrais le plus riche en azote), d’ammoniac et de soufre transite par des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz. Toute perturbation de ces voies d’acheminement, comme c’est le cas en ce moment, entraîne une hausse rapide des coûts de transport et des prix sur les marchés mondiaux.
Selon la Banque mondiale, l’indice des prix des engrais a déjà progressé d’environ 15% en 2025, tiré par une demande élevée, des restrictions commerciales et des tensions géopolitiques persistantes.
Une flambée des coûts qui fragilise les agriculteurs
En France comme ailleurs en Europe, la hausse des engrais pèse directement sur la rentabilité des exploitations. Les charges augmentent alors que les prix des céréales, eux, ont tendance à se stabiliser ou à reculer, ce qui réduit les marges des producteurs.
Certains exploitants évoquent une véritable “double peine” avec des intrants plus chers et des revenus agricoles qui n’augmentent pas dans les mêmes proportions. Une situation qui fragilise particulièrement les exploitations les plus dépendantes des cultures intensives en azote, comme le blé ou le maïs. Au vu de la situation actuelle, la hausse du coût des engrais est devenue l’un des principaux facteurs d’inquiétude pour les agriculteurs.
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs mesures de soutien, notamment des aides financières et des dispositifs destinés à compenser la hausse des coûts de l’énergie, qui se répercute directement sur la production d’engrais. L’objectif est d’éviter une baisse de l’utilisation des fertilisants, qui pourrait se traduire par une diminution des rendements et, à terme, par une hausse des prix alimentaires. Les autorités cherchent ainsi à préserver la sécurité alimentaire tout en limitant les faillites d’exploitations agricoles. Mais de leur côté les exploitants estiment que les dispositifs actuels ne suffisent pas à absorber la hausse des charges et redoutent de devoir réduire leurs apports ou de rogner sur leurs marges pour maintenir leur production.
Et du côté des consommateurs ?
La hausse des engrais ne touche pas seulement les agriculteurs, elle peut aussi avoir des répercussions sur les consommateurs. Une utilisation moindre d’intrants ou une réduction des surfaces cultivées peut entraîner une baisse de la production et donc une augmentation des prix des denrées agricoles.
Surtout que, ces tensions autour des engrais pourraient rester durables tant que les marchés de l’énergie et les routes commerciales internationales resteront instables.