Trois ans après sa dernière apparition en Ligue des champions, le RC Lens a retrouvé jeudi les lumières de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Une récompense pour un club revenu au sommet du football français.
Il paraît que les belles histoires méritent parfois une suite. Celle du RC Lens avec la Ligue des champions s’était refermée en décembre 2023, après une campagne européenne qui avait notamment offert à Bollaert une victoire de prestige face à Arsenal. Trois ans plus tard, les Sang et Or ont remis les pieds dans la cour des grands. Et ce retour n’a rien d’un heureux hasard. Il est la concrétisation d’une saison 2025 – 2026 exceptionnelle, achevée à la deuxième place de Ligue 1 avec 70 points, le deuxième meilleur total de l’histoire du club dans l’élite. Une quatrième qualification en Ligue des champions après 1998, 2002 et 2023, acquise au terme de mois durant lesquels Lens s’est de nouveau invité là où peu l’attendaient. Au soir de la qualification décrochée face à Nantes en mai, Pierre Sage estimait que ce résultat venait « valider beaucoup de choses » réalisées tout au long de la saison. Quatre mois plus tard, l’homme a changé sur le banc, pas l’héritage. « On n’est pas là par hasard. L’équipe a fait une saison dernière magnifique », rappelait Dino Toppmöller, l’actuel coach lensois, à la veille des retrouvailles avec la C1. Pour l’Allemand, « la Ligue des champions est spéciale » : la compétition que « toute personne qui est dans le football veut disputer ». Jeudi, l’hymne a enfin retenti. Et Lens a retrouvé les étoiles.
Pour le retour, Lens s’est fait peur
Quitte à revenir en Ligue des champions, autant ne pas faire les choses à moitié. Face au Slavia Prague, Lens a surtout rappelé que les grandes soirées européennes savent parfois malmener les nerfs. Mikuláš Konečný est exclu à la 49e, mais ce sont pourtant les Tchèques qui frappent les premiers par Danijel Šturm à la 51e. Abdallah Sima égalise à la 73e, avant que Šturm ne récidive à la 88e. Menés 2 – 1 par une équipe réduite à dix depuis près de quarante minutes, les Lensois semblent alors avoir choisi une manière particulièrement compliquée de célébrer leur retour. Jusqu’à trois minutes de folie : Florian Thauvin égalise de la tête à la 90e+1, puis Ruben Aguilar libère les Sang et Or à la 90e+3 (3−2). « Je me sens bien plus âgé qu’hier », plaisantait Toppmöller après ce « match de fou », fier du caractère affiché par ses jeunes joueurs. Aguilar, lui, assurait que « ce scénario, on ne pouvait pas l’écrire ». Peut-être valait-il mieux. Trois ans après avoir quitté la scène, Lens retrouve donc la Ligue des champions par une victoire. Pas la plus tranquille, certainement pas la plus maîtrisée, mais de celles qui rappellent pourquoi le club avait tant envie de retrouver ces soirées-là.