Dans la nuit du 15 au 16 mars 2026, l’épicerie solidaire du Secours populaire du Nord a été la cible d’un cambriolage. Un choc pour les bénévoles, qui dénoncent un acte incompréhensible et inhumain alors que l’association vient en aide à des milliers de personnes.
Dans les locaux de la rue Cabanis, à Lille, l’atmosphère est pesante. Lundi matin, une bénévole a découvert les dégâts. Portes forcées, équipements vandalisés et caisses dérobées. Le Secours populaire du Nord a été visé avec une rare violence. Les malfaiteurs auraient emporté presque 8 000 euros en liquide, après s’être attaqués aux caisses automatiques. Mais au-delà du vol, c’est l’ampleur des dégradations qui inquiète.
Volet roulant endommagé et porte coulissante dégradée : le préjudice total est estimé à près de 30 000 euros. « La police est encore venue ce matin pour d’autres examens mais on a tou- jours aucune information sur les auteurs de ce cambriolage », confie Jeanette, bénévole. « Ils s’en sont pris à la porte d’entrée et la baie vitrée au pied de biche. Ils se sont acharnés pour entrer ».
Une solidarité mise à rude épreuve
Chaque jour, l’épicerie solidaire permet à plus de 4 000 bénéficiaires de se nourrir, de se vêtir et de subvenir aux besoins de leurs enfants. Malgré le choc, les équipes ont décidé de maintenir l’accueil du lundi au samedi. Une détermination qui témoigne de l’engagement des bénévoles.

Tous s’activent pour réparer et continuer à faire vivre ce lieu essentiel. Mais l’équation est difficile : « On doit faire plusieurs réparations, augmenter la sécurité, se montrer plus vigilant et ce n’est pas dans l’esprit de l’association. On ne veut pas devenir des flics. », regrette Farid Bouacha. L’organisation, fondée sur la confiance et l’entraide, se voit contrainte de revoir son fonctionnement.
Face à cette situation, un appel aux dons a été lancé afin de compenser les pertes financières. Une cagnotte en ligne a également été ouverte pour soutenir l’association dans cette épreuve.
Colère et incompréhension chez les bénévoles
Au sein de l’équipe, l’émotion est vive. Entre écœurement et incompréhension, certains peinent à accepter ce geste. « Maintenant j’ai peur d’ouvrir ou fermer le local seule. Je me dis qu’il y a peut-être quelqu’un caché derrière une porte. C’est indécent de voler une communauté qui vient en aide aux gens. Il n’y a plus d’Humanité », témoigne Rahmouna, encore sous le choc.

À cette indignation s’ajoute un sentiment d’abandon. En pleine période électorale, l’absence de soutien politique est pointée du doigt : « On est en pleine municipales et pourtant aucun candidat n’est venu nous aider, pas même nous soutenir. Ni Monsieur Deslandes ni Madame Addouche ne se sont déplacés. Franchement, c’est n’importe quoi. », déplore Farid.
Malgré tout, l’association refuse de baisser les bras et s’organise pour aider les personnes dans le besoin. Car une chose est sûre, même fragilisé, les bénévoles poursuivront leur mission.