La ville de Paris accueille près de 330 000 expatriés, qui tentent de vivre dans une ville différente de la leur, où les coutumes et la langue deviennent un défi. World Radio Paris les informe et les guide dans notre capitale.
« Welcome on board » : au septième étage d’un immeuble parisien, au fond d’un couloir poussiéreux, une petite chambre de bonne est devenue le repaire des expatriés anglophones à Paris. 7 m², quatre micros, une petite machine à café, une console et une fenêtre laissant passer des faisceaux lumières : voilà les coulisses de World Radio Paris.
Un lieu de vie international
Derrière ce décor modeste fourmillent des parcours de vie extraordinaires. C’est le cas d’Alex Brook lyn, « Arble Mary » de son nom de plume, une Américaine arrivée à Paris il y a quatre ans. Grande, brune aux yeux bleus perçants, ses cheveux épais sont cachés sous sa veste Levis. Très investie, elle partage son quotidien entre son fils, âgé de cinq ans, et les ondes de la radio. La Newyorkaise est l’une des 35 salariés et bénévoles qui font vivre le studio, elle y produit 4 émissions, dédiées à la vie quotidienne parisienne.
« Hi everyone ! Welcome back on World Radio Paris, let’s get lost in Frenchlation. »
Slogan de l’émission de découverte
du cinéma français contemporain.
« On donne aux auditeurs des astuces pour aider à trouver des places de crèches, on conseille à des anglophones des films français, on suit des parents qui galèrent à élever leurs enfants dans le système scolaire français. » glisse-t-elle en ajustant son casque. Autour de la table, les nationalités défilent, des mamans néozélandaises, des étudiants australiens, des expatriés écossais, des histoires de vie différentes racontées dans la même langue. C’est en anglais que toutes les émissions sont réalisées. Une langue qui tisse des liens profonds entre ces inconnus venus d’ailleurs, très sujets à la solitude : « Rejoindre la radio, c’était un moyen de sociabiliser, j’ai interagi avec des gens que je n’aurais jamais rencontré normalement » explique Alex.

Une information pensée pour les expatriés
Bien qu’elle ne pratique plus aujourd’hui, cette ancienne journaliste continue de former activement au journalisme les jeunes en service civique qui animent l’actualité. « L’idée de la radio, c’est de parler aux internationaux, avec une partie information, mais aussi une partie magazine » lance la quadragénaire en faisant couler son café qui embauma instantanément la minuscule pièce. Entre deux gorgées, elle explique avoir noté des différences entre les méthodes de journalisme français et ceux de son pays natal : « Les journalistes new-yorkais sont très spécialisés, sur une zone géographique ou un sujet. En France, ils sont bien plus généralistes ; cela m’a beaucoup perturbé au début »
Pour ce qui est du nombre d’auditeurs, impossible de savoir, mais la Newyorkaise reste confiante : « On est diffusé en DAB, à Paris, à Nice, à Canne, en Normandie et depuis quelques semaines même à Monaco ! » conclue-t-elle, rieuse.