Crise du marché immo­bi­lier à Lille : un parcours du com­bat­tant pour les étudiants

Qui dit rentrée dit souvent recherche de logement et pour certains étudiants la tâche est plus ardue que pour d’autres. Le CROUS et les agences immo­bi­lières reçoivent constam­ment des demandes, bien plus consé­quentes que le nombre de logements disponibles…

À Lille, le marché immo­bi­lier est si tendu que beaucoup d’étudiants peinent à trouver un logement. Gaïa faisait partie de ceux-​là : l’année dernière, face à l’impossibilité de visiter un logement sur place, puisqu’habitant en Corse, elle a dû trouver une chambre dans le foyer Sainte-​Camille à Lille, situé rue de la Bassée, à 700m de l’Université Catholique de Lille. Pour obtenir un meilleur logement, elle a réussi à trouver une chambre au CROUS, grâce à son statut de boursière et avec cette astuce : « Je regardais les annonces le soir, car les logements des étudiants qui partent le jour même sont remis en ligne ». Ainsi, Gaïa a trouvé un 14 m² à Wattignies, avec cette fois-​ci, contrai­re­ment au foyer, la salle de bain et la cuisine dans le logement et non pas en commun. « Je préfère avoir un logement équipé d’une kit­che­nette et d’une salle de bain pri­va­tives, car dans le foyer tout était en commun et pas très propre, notamment les plaques de cuisson, couvertes de sauce tomate, et les éviers bouchés par de la nour­ri­ture ». Le logement actuel de Gaïa n’est néanmoins pas parfait, avec la présence d’insectes. « J’ai pris ce qu’il y avait, car c’était moins cher que le foyer, qui était à un peu plus de 500€, contre 326€ ici au CROUS ». Pourtant, trouver un logement CROUS est plus compliqué aujourd’hui, comme le confirme Aurélie Dubois, membre de la direction du CROUS de Lille Nord-​Pas-​de-​Calais : « Cette année, nous avons enre­gis­tré 46 933 dépôts de vœux pour cette rentrée, contre 46 898 l’année dernière ». Le problème est qu’il y a bien moins de logements que d’étudiants inté­res­sés : « Nous disposons de 1 561 logements, un chiffre en baisse par rapport à la pré­cé­dente année où nous en avions 1 801 ». Face à cette demande extrê­me­ment élevée par rapport au nombre de chambres dis­po­nibles, une sélection s’opère : « La priorité est donnée aux étudiants boursiers ».

La façade de la résidence du CROUS Jean Mermoz, à Wattignies.© Lokaviz

Les agences immo­bi­lières face au nombre important de demandes

Les étudiants et leurs familles ont tout à fait conscience de la tension immo­bi­lière présente à Lille. Marie-​Christine, qui travaille dans l’agence Square Habitat, nous le confirme : « Les parents des étudiants com­mencent leurs recherches en mai, on a beaucoup de demandes à ce moment-​là et durant l’été : pour une annonce, il y a 100 appels dans la journée. Dès mi-​juillet il n’y a plus d’offres dis­po­nibles ». Dans son agence, il y a même eu plusieurs demandes mi-​septembre, à cause du retard des pla­te­formes Parcoursup et Mon Master, car les étudiants attendent leur affec­ta­tion pour savoir où ils vont loger. « Certains prennent un bien par défaut en été, pour être sûrs d’avoir un logement, puis en demandent un autre après avoir constaté des défauts, comme le bruit par exemple ». Selon Marie-​Christine, la tension immo­bi­lière pourrait s’accentuer dans les années à venir, à cause de la loi climat et rési­lience votée en 2021, dont le but est de lutter contre les « passoires ther­miques ». Ainsi, dès 2025, les biens classés G éner­gé­ti­que­ment seront interdits à la location, ce qui entraî­nera des consé­quences. « Certains pro­prié­taires pré­fè­re­ront vendre leurs biens plutôt que faire des travaux pour les rendre éligibles à la location, car ces travaux coûtent et font que le logement ne peut pas être loué pendant une certaine période ». Ainsi, pour faire face au mieux à ce marché en crise, les pro­fes­sion­nels de l’immobilier ont un conseil à donner : faire les recherches le plus tôt possible, afin de ne pas se retrouver le bec dans l’eau au mois de septembre.

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