Des pommes, un tracteur, des producteurs locaux et surtout beaucoup de bonne humeur. À Pitgam, le fruit défendu était à l’honneur les 12 et 13 septembre à l’occasion de la 11ᵉ Fête de la pomme. Pendant tout un week-end, le Verger Terroir du Nord a ouvert ses portes pour faire découvrir l’envers du décor : celui d’une exploitation familiale où la pomme se cultive, se récolte… mais surtout se raconte.
Visite du verger, self-cueillette, découverte de producteurs locaux, et structures gonflables pour les enfants : cette année encore, l’exploitation avait pensé à tout.
Pour cette onzième édition, une nouveauté s’est invitée dans la visite du verger : les visiteurs ont pu découvrir les parcelles à bord d’une structure mobile tractée par un tracteur. Une façon plus originale de parcourir les 14 hectares de pommiers de l’exploitation et d’en apprendre davantage sur le travail qui s’y déroule au fil des saisons. Pendant une quinzaine de minutes, petits et grands prennent place à bord et sillonnent les rangées de pommiers aux côtés de Christelle.
Au fil de la visite, l’arboricultrice partage ses connaissances et répond aux nombreuses questions des visiteurs. Variétés de pommes, techniques de cueillette, calibre des fruits, nuisibles ou encore pratiques culturales : chacun découvre un peu mieux ce qui se cache derrière la production d’une pomme. Une visite où les explications se mêlent aux échanges, et où le verger devient, le temps d’un tour en tracteur, un véritable terrain de découverte.
Bien plus qu’une simple « porte ouverte »
Une fois la visite terminée, direction la ferme. L’ambiance change, mais l’objectif reste le même : ouvrir le monde agricole aux visiteurs et favoriser les échanges avec ceux qui le font vivre.
Pendant que les enfants se défoulent sur les structures gonflables, les adultes parcourent les stands des producteurs locaux. Pommes fraîchement récoltées, jus artisanaux et produits du terroir sont au rendez-vous. Mais ici, les producteurs ne font pas que vendre. Ils racontent leur métier, expliquent leur savoir-faire et font découvrir leurs produits.
La fête prend alors des airs de petit marché de terroir. On goûte, on échange, on pose des questions. Un moment simple, mais qui permet aussi de mieux comprendre ce qui se cache derrière les produits que l’on retrouve sur nos tables.
Pour Christelle, ouvrir les portes du verger est justement l’occasion de répondre aux questions et de faire tomber certaines idées reçues sur le monde agricole.« Ce n’est pas tous les jours qu’une ferme ouvre ses portes. Ça permet parfois de faire découvrir aux plus jeunes le monde de l’agriculture, en passant un bon moment tous ensemble un week-end avec des activités », explique-t-elle.
Une volonté que partage Jacqueline, retraitée venue de Dunkerque. Pour elle, cette fête permet de découvrir un territoire et un univers qu’elle connaît peu : « Je suis venue découvrir le territoire local et passer une après-midi dans une ambiance conviviale et chaleureuse. »
Au fil des stands et des discussions, la fête devient donc aussi un moment de rencontre. On vient pour les pommes, les produits locaux ou les animations, mais on repart avec un peu plus de connaissances sur ceux qui les produisent.
Une ferme, une histoire
Derrière cette fête populaire, il y a avant tout une exploitation familiale et une histoire de reconversion.
« J’ai repris avec mon mari le verger de mon oncle. Avant, je n’étais pas du tout dans l’agricole, mais on s’est convertis il y a 11 ans dans l’arboriculture », raconte Christelle.
Aujourd’hui, le verger s’étend sur 14 hectares de pommiers et un hectare de poiriers. Un travail qui évolue au fil des saisons, entre entretien des arbres, surveillance des fruits et récolte.
Mais cette année, la météo a aussi laissé son empreinte. La chaleur a notamment donné des fruits plus petits sur certaines variétés précoces, comme l’Elstar, et provoqué quelques « coups de soleil » sur les pommes.Pour autant, pas question de les jeter. Depuis 2017, l’exploitation presse elle-même ses pommes à la ferme. Les fruits qui ne peuvent pas être vendus sont transformés en jus.Une façon de limiter le gaspillage, tout en restant fidèle à l’une des priorités du verger : produire en respectant l’environnement et la biodiversité.
Et lorsqu’on demande à Christelle ce dont elle est la plus fière, sa réponse résume finalement assez bien cette volonté :« C’est qu’on a su produire des fruits, on va dire des fruits bons et… en restant respectueux de la biodiversité. »
Puis elle ajoute simplement : « Bon et sain. Voilà, c’est bien pour résumer. »